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11 mai, 2014

Bientôt « vu à la télé »: « P’tit Quinquin » de Bruno Dumont

Classé dans : art,histoire — dompaul @ 17:22

La vedette tourneLe tournage 2

Bruno Dumont est un réalisateur français qui a sa résidence à Ambleteuse, village immédiatement voisin d’Audresselles.

Après qu’en 1552, le bon roi Henri II de France eut repris la cité-forteresse d’Ambleteuse à la couronne d’Angleterre et massacré tous les habitants sans exception, civils compris, Ambleteuse avait été repeuplé de gens venus de Picardie, dont les noms sont restés.

En revanche, la population d’Audresselles est toujours constituée des descendants des Néerlandophones qui y étaient déjà implantés pendant la guerre de cent ans. Les patronymes des plus anciennes familles d’Audresselles en sont la preuve manifeste.

Jusqu’au début du XXe siècle, un antagonisme a donc subsisté entre ces populations d’origine différente, attisé par des conflits de pêcheurs ou de naufrageurs qui dégénéraient parfois en bataille navale. La venue des « baigneurs » résidents secondaires et les mariages inter-cités ont fait disparaître ces différends mais, pour certains Ambleteusois, les Audressellois restent des Carcahuttes, des va-nu-pieds tout au plus dignes de vivre dans une dune sous des épaves de bateau retourné.

La bande-annonce de la série télévisée « P’tit Quinquin » qui doit sortir incessamment sur le petit écran relève de cet état d’esprit aujourd’hui révolu concernant Audresselles.

Pour leur faire jouer le rôle d’Audressellois, Bruno Dumont a choisi ses acteurs (amateurs) parmi la masse des candidats venus de toutes les communes des environs. De jolie Marquisiennes ont été fort déçues d’être tout simplement éliminées du tournage ou de ne pas être choisies pour d’autres rôles que la figuration.

Le cadrage des personnages et les gros plans mettent en effet en valeur les gros nez à moustache, les bouches de travers, le strabisme de certains garçons de ferme dont le crâne aux cheveux rares semble taché de bouse de vache. Le « commissaire », qui parle « avé l’accent », semble fortement imprégné d’alcool et les gendarmes font du gymkhana sur la route qui mène d’Audresselles à Zuphen.
Et pour améliorer encore l’image de la population locale, les gamins, racistes, poursuivent un « négro » rue Edouard Quénu.

Une jeune Audresselloise a été néanmoins choisie pour tenir un rôle principal au milieu de cette faune. C’est Blanche-Neige entre la sorcière et les Sept-nains. Sauf que, dans la bande annonce, il n’ apparaît pas de prince vraiment charmant.

Il n’est pas sûr que la série télévisée, même si elle est « marrante », plaise à tous les habitants d’Audresselles.

Mais, qu’on présente Audresselles, centre de l’univers, ou en bien ou en mal, l’essentiel est qu’on en parle et qu’on le connaisse dans le monde entier.

8 réponses à “Bientôt « vu à la télé »: « P’tit Quinquin » de Bruno Dumont”

  1. jemenmele dit :

    Je pense personnellement que les gens d’ Audresselles sont assez intelligents pour regarder ce film comme une fiction et non pour s’ identifier aux acteurs. Ils seront plutot content comme moi meme de reconnaitre notre beau village et les endroits filmes que de critiquer les nezs tordus et autres que seuls les personnes de votre sorte peuvent focaliser. Encore une fois je suis déçu que des personnes qui se disent croyantes et pratiquantes peuvent dirent autant de mal!

  2. dompaul dit :

    A jemenmele:
    Il ne s’agit pas de critiquer le choix du réalisateur de présenter dans ses films un certain type de personnages dont il accentue l’aspect grotesque et parfois monstrueux, sans doute à des fins comiques. Et les gros plans de la bande-annonce sont focalisés sur ces personnages avec quelques scènes particulièrement « glauques » de cadavre sur la plage. Il est en effet peu probable que les gens d’Audresselles s’identifient à ces personnages.
    En quoi est-ce dire du mal que de décrire le style délibérément choisi par le réalisateur ?
    Que Bruno Dumont soit croyant et pratiquant – comme vous l’affirmez – n’a rien à voir avec la réalisation de ses films.

  3. Noirda 33 dit :

    Précisons que la bande-annonce du film présente la population européenne blanche locale comme inintelligente, alcoolique, odieuse, raciste, haineuse à l’égard de gens à la peau noire. Cette bande-annonce apparaît donc déjà à elle seule, avant même la sortie du film, comme une incitation à la haine en fonction de l’appartenance réelle ou supposée à une race, une ethnie ou une religion et, à ce titre, peut faire l’objet de poursuites judiciaires au titre de l’article 24 de la loi du 29 juillet 1889 et le film d’une interdiction de diffusion s’il est tout entier de la même veine.

  4. francis dit :

    moi j’ai vu les 2 premiers épisodes et franchement c’est de la pure fraicheur , enfin !! l’image qui en ressort est au contraire très positive , c’est du cinéma ! ce film est une bombe atomique !!!!!!!!!!

  5. francis dit :

    P.S : je suis de l’ile de la Réunion ;)

  6. oliv Bqt dit :

    bravo ,super film ,on a le temps de découvrir les paysages les personnages sont touchants , nous passerons faire un tour dans ce village .

  7. oliv Bqt dit :

    le film est culte, je le fais découvrir à mes collègues ,il restera dans les annales du cinéma .

  8. je menmele dit :

    Très belle fiction, beaux paysages, notre église vue sur toutes ses coutures, a part la scène de l enterrement un peu dur, en tant qu audressellois rien à se reprocher, c est la vue que nous avons (suivent des propos injurieux NDLR). Les gens d’Audresselles; pures souches restent quand même des gens assez chauvins, ils aiment les étrangers mais avec modération, et sont assez moqueurs sans être méchants, Dumont a bien reproduit notre facon de voir les choses, j espère une suite!!!

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