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20 septembre, 2014

« P’tit Quinquin » à Audresselles: que voient les Audressellois ?

Classé dans : art,religion — dompaul @ 15:39

Les deux premiers épisodes du téléfilm « P’tit Quinquin » présentée sur Arte jeudi 18 septembre ont rencontré parmi les Audressellois un accueil pour le moins mitigé. C’est le moins qu’on puisse dire.

Plusieurs acteurs ont été choisis parmi les handicapés mentaux pensionnaires de la communauté catholique de l’Arche implantée à Ambleteuse dont l’aumônier est aussi le prêtre desservant l’église d’Audresselles. Ce qui explique que les vêtements sacerdotaux et le calice qui servent lors de la messe dominicale, ont été prêtés pour être utilisés dans une consécration qui se veut boufonne pendant une scène de messe d’enterrement. Ce sont en effet deux handicapés (légers) ricanants qui jouent les rôles de prêtres. Le régisseur a donné une enveloppe au curé de N.D. des Flots pour le prêt du kit « église et matériel ».

Evidemment, cette scène profanatoire a interloqué une partie des habitants d’Audresselles, pratiquants ou non, qui ont reconnu le calice en vermeil du XVIIIe siècle, utilisé habituellement le dimanche par le desservant.

Des innocents exploités et tournés en dérision

Cette population d’acteurs amateurs et de figurants est censée représenter la population locale. Ces innocents ont été choisis en fonction de leur visage naturellement hébété, grimaçant, rempli de tics et souvent sans-dents, présenté en gros plan, mais sans aucune utilité pour la compréhension des événements. Ils s’expriment avec un vocabulaire des plus réduits sans savoir prononcer les mots qui ne sont ni du français, ni du dialecte.

Les insultes où le mot « bâtard » revient régulièrement, restent répétitives et sans finalité particulière. Dans une scène, où un commandant de gendarmerie en civil plein de tics, interroge sans conviction l’handicapé qui joue le fermier trompé par son épouse assassinée, ce dernier s’enfonce dans le fumier d’ une étable jamais nettoyée, comme si les normes d’hygiène n’étaient pas encore appliquées dans cet endroit reculé.

Quelquefois, on voit apparaître le paysage estival d’Audresselles avec ses maisons et ses champs proprets dont l’aspect semble incompatible avec la population censée les entretenir qui est présentée dans le film. Les volets de la plupart des villas de plaisanciers sont encore clos et « les acteurs » ne sont manifestement pas ceux qui habitent cette station balnéaire.

Rasoir

C’est l’ensemble du scénario qui rend ce téléfilm particulièrement ennuyeux: qu’en reste-t-il une fois qu’on a reconnu la rue du village où l’on habite pendant les vacances, les handicapés de l’Arche autorisés à circuler accompagnés par un éducateur dans Ambleteuse et les quelques habitants du village que l’on a fait grimacer comme figurants pour la somme de quatre-vingts euro ?

Autour d’ un fil conducteur très ténu: la recherche du meurtrier d’un cadavre de femme enfermé dans une carcasse de vache et découvert sur la plage d’Audresselles par deux caricatures de gendarmes, des scènes disparates s’enchaînent, tantôt avec des personnages adultes joués par les handicapés mentaux, tantôt avec des enfants présentés comme légèrement débiles, poursuivant un « négro », dont on ne s’explique pas la présence dans le village, sinon pour mettre en valeur le racisme supposé de la population locale

Bref, une « série » subventionnée destinée à plaire à un seul spectateur: l’homme qui a inventé la formule « les sans-dents », avec l’idée que  c’ est sans doute ainsi qu’il se les représente. Mais appréciera-t-il ce film d’amateur ?

3 réponses à “« P’tit Quinquin » à Audresselles: que voient les Audressellois ?”

  1. Anne COGEZ dit :

    Je ne saurai pas mieux résumer mes sentiments concernant cette « oeuvre »!!!

  2. Manchue 1713 dit :

    Notons que la première partie du téléfilm a attiré un million et demi de téléspectateurs et ce succès incite le metteur en scène à continuer la série avec les personnages principaux. Puisqu’il fait de l’audimat avec « p’tit Quinquin », le metteur en scène est parvenu à ses fins. N’en déplaise aux gens du Nord-Pas-de-Calais et d’Audresselles en particulier, qui y sont présentés comme de parfaits abrutis. Pour maintenir l’intérêt dans la seconde partie qui passe ce soir, ils y seront encore plus grotesques.

  3. Marie-Jeanne dit :

    J’ai déjà commenté par ailleurs (et plusieurs fois), car je suis outrée par l’image des habitants du Boulonnais, donnée dans cette série. Le titre est accrocheur, mais notre petit Narcisse ne méritait pas qu’on l’utilise ainsi.

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