14 mars, 2017

Macron, encore mieux que Napoléon

Classé dans : histoire,politique,socialistes — dompaul @ 19:03

Quand Plutarque a écrit les vies parallèles, il a laissé au lecteur la tâche d’effectuer lui-même la comparaison. Par exemple Alcibiade et Coriolan: Plutarque écrit d’un côté la vie de l’un, de l’autre la vie de l’autre. C’est au lecteur de faire le rapprochement et de constater les points communs entre ces deux traîtres adulés par l’électorat populaire pour leur extravagance et qui font la navette entre leur patrie et l’Ennemi.

Mais il faut du temps au lecteur pour comparer les deux textes et aujourd’hui, nous sommes pressés.

Nous noterons qu’il existe beaucoup de points de comparaison entre Macron et Bonaparte.

Tous deux  arrivent dans une période agitée où les points de repère de l’ancien ordre est bouleversé et où tout le monde attend le sauveur providentiel qui va faire l’unanimité. En 1798, Bonaparte, général à la fois victorieux et déserteur, a su faire préparer le terrain de sa conquête du pouvoir par sa concubine officielle  Joséphine, une routière de six années plus âgée que lui, dans le lit de laquelle se sont succédé tous les hommes de pouvoir. Le dernier en date est Paul Barras, l’inamovible Directeur de la République, très indulgent avec le jeune amant de sa maîtresse dont il a admiré les capacités au siège de Toulon.

Pendant la campagne d’Egypte, Bonaparte a conservé un oeil sur l’évolution de la situation grâce à son frère Lucien,  député puis président du Conseil des Cinq cents grâce à ses réseaux corses et jacobins.

La fin du Directoire est marquée par l’anarchie. A la fin du XVIIIe siècle, des bandes armées sillonnent les campagnes pour rançonner les paysans ou braquer les diligences. Les fermes doivent se fortifier, parfois par une seconde enceinte de défense. C’est ce qui explique sans doute, dans la ferme de Zuphen, l’ existence de ce haut mur en pierres et en briques qui sépare la cour du potager.

La population attend un homme providentiel à poigne qui n’a pas été mêlé aux tripotages de la république et qui a le label de « vrai républicain ». Quoi de mieux qu’un général, non pas sorti du rang mais d’une grande école d’officiers et un peu noble mais petitement. Les républicains le considèrent comme l’un des leurs, la noblesse aussi, le clergé espère en lui et la bourgeoisie, notamment les acquéreurs de biens nationaux, sont convaincus qu’il va leur laisser la propriété des biens confisqués et favoriser la stabilité monétaire.

Même les Juifs, qui sont alors peu nombreux, mais qui ont des perspectives de prospérité depuis qu’ils ont obtenu dix ans plus tôt l’égalité des droits civiques, voient en Bonaparte un nouvel Alexandre le Grand. Ils en seront récompensés et contribueront à la diffusion de sa légende.

Ce sont trois prêtres défroqués, trois vieux renards qui sentent le vent, qui vont servir de catalyseurs: Emmanuel Sieyès, Joseph Fouché et Charles-Maurice de Talleyrand alliés à Cambacérès, le vieil homosexuel de service. Mais, même si elle a été parfaitement organisée, la prise de pouvoir par le Premier consul reste le fruit d’un coup d’Etat et non pas d’une élection démocratique même si ce coup de force a été ratifié par le plébiscite du 7 février 1800.

Ensuite il faut reconnaître que, parmi ceux qui l’ont porté au pouvoir,  Napoléon a fait peu de déçus, s puisque tous ont obtenu leur prébende. Les seuls cocus, ce sont tous les soldats qui se sont fait tuer pour rien, de l’Espagne à Moscou.

Jusqu’ici, l’aspirant président Emmanuel Macron a fait encore mieux que Napoléon puisque sa concubine, devenue son épouse, a vingt-quatre ans de plus que lui. Il est vrai que de nos jours, les femmes se conservent mieux qu’en 1800. Tout s’est aussi passé davantage en douceur qu’à l’époque puisque le premier mari de la « belle » n’a pas eu besoin d’être guillotiné pour lui laisser sa liberté.

En tout cas, comme Joséphine dont la famille tirait sa fortune des produits exotiques, Brigitte la tire du chocolat et son capital semble avoir été utilisé à bon escient. Tiphaine, sa fille, semble tout à fait prête à son rôle de reine Hortense

Emmanuel Macron, même s’il arrive au pouvoir avec dix ans de retard sur Bonaparte, n’a jamais perdu son temps et, avant même sa nomination comme ministre de Hollande, dont la vie sentimentale et la durée du mandat sont comparables à celles de Barras, les milieux bien informés savaient qu’il était programmé pour devenir le candidat idéal des décideurs réels aux élections présidentielles de 2017.
(à suivre)

 

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