17 juillet, 2017

Macron et sa crise d’autoritarisme

Classé dans : politique — dompaul @ 23:44
Les militaires ont pris l’habitude  de chahuter le débonnaire Hollande, qui consacrait l’essentiel de son temps à résoudre les conflits entre ses favorites. Macron n’est pas du même bois et il rend publique sa stupéfaction devant l’attitude du général de Villiers qui  connaît pourtant l’adage « les militaires doivent soumission au pouvoir civil  » (« cedant arma togae » ).  Mais qui est le pouvoir civil: le parlement ou le président ? Le général de Villiers a-t-il raison de dire la vérité au Parlement ou doit-il lui mentir effrontément pour se conformer aux voeux du président ?  Macron aura-t-il le cran de le limoger ? Craint-il un putsch, tant les militaires sont exaspérés ? En tout cas, s’il ne le limoge pas, c’en est définitivement fait de son autorité sur l’armée.
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Emmanuel Macron versus Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA) : recadrage ? Non, une affaire d’Etat !
par Jacques Myard,
maire de Maison Lafitte

On connaît le scénario : le général de Villiers, CEMA, apprenant que le budget des armées sera amputé de 850 Millions d’euros, déclare en Commission de la défense devant l’Assemblée nationale que cette nouvelle baisse de crédits met en péril l’outil militaire :

« le grand écart entre les objectifs assignés à nos forces  et les moyens alloués n’est plus tenable. »

 

Le CEMA est parfaitement dans son rôle en alertant la Représentation nationale sur les conséquences d’une telle diminution, en sa qualité de «  responsable de l’emploi opérationnel des forces » et du « commandement des opérations militaires » conformément au code de la Défense ( R 3121-1).

 

Aurait-il gardé le silence qu’il aurait trahi sa mission, celle pour laquelle il a été nommé, et telle que le Président  et le Gouvernement de la République lui assignent.

 

A la réception du ministère de la défense, le 13 juillet dernier, de manière ostentatoire et publique, le Président de la République, chef des armées, fait part à l’ensemble des militaires de sa colère sur les propos du général de Villiers  et déclare notamment : «  je suis votre chef ».

 

Ce recadrage a étonné l’ensemble des observateurs avertis de la sensibilité de l’institution militaire et des conséquences qu’une telle manifestation d’autoritarisme introduit dans les relations entre le pouvoir politique et l’institution militaire.

 

Mais s’agit-il d’un simple recadrage ?

 

C’est en réalité une affaire d’Etat, qui concerne au premier chef le Président de la République lui-même.

 

A l’évidence,  on ne demande pas au Président de la République de réciter les articles de la Constitution, entre autres l’article 15 qui fait de lui le chef des armées !

 

Mais son hyper–réaction  lors de la réception traditionnelle du ministère de la défense à la veille de la fête nationale révèle une faille psychologique de l’homme, déjà perceptible à plusieurs reprises,  qui ne supporte pas la critique et a une conception, comme il le dit lui-même, verticale et jupitérienne du pouvoir.

 

Cette faille est attestée par la distance qu’il entend entretenir avec les journalistes mais aussi à travers sa volonté affirmée de juguler tous les contre-pouvoirs comme le Parlement, voire les collectivités territoriales dont il veut réduire les recettes financières avec la suppression, par exemple, de la taxe d’habitation.

 

Le nouveau Président de la République devrait se souvenir que le vrai Jupiter « rend fous ceux qu’il veut perdre » !
 
 

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