15 mars, 2018

Pour Jacques Myard, Macron prépare sa dictature

Classé dans : histoire,international,politique,socialistes — dompaul @ 13:06
Ci-dessous, se trouve un extrait du BILLET D’HUMEUR de Jacques MYARD, membre Honoraire du Parlement, Maire de Maisons-Laffitte, Président du Cercle Nation et République du  13 MARS 2018
Un commentaire de la rédaction du blog Audresselles.at suit ce billet d’humeur.
Le billet d’humeur de Jacques Myard (extrait):
(…)

la réforme de la Constitution qu’entend mener l’actuel Président de la République ne peut que susciter interrogations et colère.

. Limiter l’élection possible à trois mandats au motif qu’il faille renouveler la classe politique relève d’une totale incompréhension du travail de l’élu face à la complexité de plus en plus forte des matières qu’il doit maîtriser pour contrôler le gouvernement, plus exactement l’Administration.

 

Il faut un minimum de deux mandats pour que l’élu soit vraiment performant et à la fin du troisième, exit ! C’est ainsi assurer la suprématie de l’Administration sur l’ élu.

 

. Réduire le nombre des députés d’un tiers pour ramener leur nombre à trois cents, c’est faire élire un député sur des circonscriptions – si le scrutin uninominal demeure – d’au moins 300 000 habitants. Autant dire que le député sera pour chaque citoyen un concept lointain, une abstraction, et ce d’autant plus que le roi François Hollande l’a coupé de toute fonction territoriale au nom du non-cumul.

 

Ajoutez à cela la proportionnelle, vous obtiendrez un pays ingouvernable… par ses élus.

 

. Le pays sera alors dans la main des technocrates, permanents de l’Administration qui, de surcroît, veulent priver ces députés choisis par les appareils politiques, d’exercer la plénitude de leur droit d’amendement dans la discussion parlementaire qui prend trop de temps, ce qui irrite Jupiter.

 

. Mais là ne s’arrête pas la mise au pas du député ; désormais, il doit rendre des comptes sur toutes ses dépenses au nom de la nouvelle religion de « la transparence » sous le contrôle des fouineurs qui veulent tout savoir de ces élus, gibiers de mise en examen qui sont présumés corrompus et coupables.

 

Il ne s’agit pas de défendre les quelques élus qui ont mis les doigts dans la confiture, mais ce strip-tease permanent est une atteinte directe à la liberté d’action du député qui, par sa liberté, défend aussi la liberté de chaque citoyen.

 

Placer le député sous le contrôle permanent du tribunal médiatique et du soupçon, c’est instituer la dictature.

 

. La mise sous tutelle de l’élu se renforce encore par la chape de plomb qu’elle fait peser de plus en plus lourdement sur les esprits soumis au règne du « politiquement correct » qui voue aux gémonies tout dérapage verbal. Malheur à celui qui s’écarte de la bien-pensance ! Il sera lynché sur les réseaux sociaux qui ont remplacé les fameuses tricoteuses de la Convention qui vociféraient « à mort, à mort ! ». C’est le retour au Moyen-âge où celui qui était accusé de fornication était placé sur la pierre de honte à l’entrée du village.

 

. Ne soyons pas aveugles, nous entrons de plain-pied dans l’ère des technocrates, les nouveaux sachants, qui, pour la plupart, sont incapables de gagner une élection et veulent néanmoins exercer le pouvoir. Ils distillent leur vérité bien-pensante et imposent leur idéologie.

 

Platon avait raison – dans la République – la démocratie comme tous les régimes politiques est mortelle, c’est d’ailleurs déjà fait !
Jacques Myard

Commentaire: Il est certain que la réforme de la Constitution préparée par le Président de la République va considérablement renforcer son pouvoir. Toutefois, même si la limitation des mandats des élus n’est pas nécessaire dans le cas des collectivités locales de base (municipalités) ou intermédiaires (cantons et départements), en revanche, il en va différemment au niveau des élections régionales étant donné le renforcement continu du pouvoir des présidents de conseil régional, surtout depuis la réforme promue par Hollande qui a créé des régions aussi grandes que les états européens de moyenne importance comme la Belgique, la Hollande, le Danemark ou la Croatie.

Les ducs et comtes du Moyen-âge ont été à l’origine des fonctionnaires nommés par les empereurs carolingiens. Avec l’affaiblissement du pouvoir central, ils se sont constitué des fiefs héréditaires correspondant parfois exactement aux régions d’aujourd’hui avec chacun une langue ou un dialecte propre: Bretagne, Normandie, Aquitaine, Provence, comté de Toulouse etc.

Aujourd’hui que des activistes dans chaque région réclament l’enseignement de leur dialecte à l’école et que n’importe quel politicien démagogue peut s’emparer du sujet, il est tout à fait nécessaire d’éviter que des présidents de région se fassent réélire indéfiniment et saisissent l’occasion pour acquérir un pouvoir considérable et provoquer un sécession à leur profit comme on l’a vu en Yougoslavie et comme on le voit aujourd’hui en Catalogne et en Ecosse.

Il est donc tout à fait judicieux de limiter constitutionnellement leur mandat dans le temps.

Donc Macron a raison et Myard qui le critique, aussi. Ou, si l’on préfère, ils ont tous les deux tort et doivent revoir leur copie.

 

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