Audresselles: le clocher est nettoyé et fermé aux oiseaux: le mystère des intrus inconnus.
Jusqu’à maintenant, il était impossible de monter dans le clocher d’Audresselles sans risquer d’être contaminé par l’ornithose, tant les excréments et les cadavres de pigeons y étaient nombreux sur le sol et les poutres. L’ornithose est une maladie grave, surtout pulmonaire, qui se transmet par inhalation de poussières contaminées par les déjections d’oiseaux infectés. C’est une maladie plus grave et plus contaminante que le Covid 19. L’une des dames de la paroisse, bien connue des Audressellois pour son dévouement, a perdu un poumon en voulant nettoyer elle-même le clocher et est décédée quelques temps après.
Par mesure de salubrité publique, la nouvelle municipalité a fait nettoyer le clocher et son escalier d’accès en pierre par une entreprise spécialisée et, pour éviter l’entrée des oiseaux, a posé des chassis grillagés sur toutes les ouvertures, fenêtres et aussi meurtrières, puisqu’il s’agit d’un clocher-donjon destiné autrefois à voir de loin l’arrivée de pirates ou de troupes de soudards anglais et à héberger la population.
Néanmoins, comme aujourd’hui, ce samedi matin 30 janvier, il y avait une cérémonie de funérailles dans l’église, une dame bénévole de la paroisse est passée la veille dans l’après-midi pour nettoyer le carrelage. A 10 heures, ce matin, en ouvrant la porte de l’église, les arrivants ont trouvé avec surprise des traces de pas boueux près de l’autel et de l’entrée du clocher. La sono a été manipulée comme elle l’était lorsque les intrusions nocturnes étaient récurrentes. De plus, dans le clocher, on pouvait entendre un oiseau voleter. Un inconnu est-il venu entrouvrir le grillage ?
De nouveau se pose donc le problème des inconnus qui entrent la nuit dans l’église. Ont-ils les clefs ou pénètrent-ils par ces fameux souterrains dont, avec une sonde électronique, un architecte a confirmé l’existence et par lesquels se répercutent des bruits de voix entendus par des témoins fiables, notamment des tractations à propos d’automobiles ? Il y a quelques années, un trompettiste, autorisé à venir répéter dans l’église en raison de son acoustique, effrayé par des voix, a pris la fuite. Il a cru que c’étaient peut-être des diables.
Il est possible aussi que cette désinfection mais surtout cette fermeture des ouvertures, décidée par la nouvelle municipalité, ne fasse pas les affaires d’éventuels éleveurs clandestins de pigeons d’élevage ou voyageurs ou d’éventuels gestionnaires d’activités clandestines de toute nature. Il est un fait que, jusqu’à l’élection en bloc de la nouvelle municipalité, ni les autorités civiles ni l’ancien clergé affectataire, lorsqu’il y avait tous les dimanches la messe à’Audresselles, n’avaient voulu s’intéresser à ces intrusions ni fait nettoyer le clocher et empêcher l’installation de pigeons porteurs du bacille mortel.
A qui profitent les pigeons et où sont les souterrains ? Il s’agit là de deux épais mystères liés à élucider sans tarder. Ne doutons pas que Patricia Noël, la fameuse journaliste d’investigation de la Voix du Nord, va s’ intéresser de près à un sujet qui en vaut, cette fois-ci, vraiment la peine, et comme Tintin dans « L’île Noire », va les résoudre une fois pour toutes.





