4 mai, 2022

Cinquante officiers français disparus à Marioupol. Et les familles ?

Classé dans : international — dompaul @ 17:13

Le 22 avril, des médias turcs annonçaient que cinquante officiers français avaient disparu dans les souterrains du complexe industriel de Marioupol assiégé par les Russes, en Ukraine. Macron avait fait donner l’ordre à ces militaires de ne pas se rendre aux Russes. Pour l’instant, seul Macron peut savoir ce qui est arrivé puisqu’il s’est entretenu au téléphone crypté avec son « ami » Vladimir Poutine. Il est probable que le mot « crypté » ne s’applique pas pour les services du grand frère américain.

Poutine a refusé de lui transmettre les informations sur le sort de ces militaires  français. On sait déjà que d’autres officiers français ont été tués lors de la chute d’un hélicoptère au sol et que les services russes ont récupéré le cadavre de l’un d’entre eux portant la carte bleu blanc rouge indiquant son appartenance à la DGSE.

Jusqu’ici, les élections présidentielles ont eu lieu sans que l’information soit publiée auprès de l’électorat français mais des membres de ces familles d’officiers ne devraient pas manquer de s’inquiéter un jour de leur sort. Selon la procédure habituelle, ces officiers n’ont pas informé leur famille de l’endroit où ils partaient en mission pour plusieurs mois. Il est essentiel pour le gouvernement français que ces familles croient que leur proche est vivant sauf si l’un de ces officiers a dit à un membre de sa famille où il partait. De toutes façons, à moins que Poutine lui-même révèle ou fasse révéler les noms des morts identifiés ou des prisonniers, ce n’est que dans quelques mois ou années que les familles seront informées. En attendant, elles ne recevront pas la solde de leur officier de mari ou de père puisqu’elle est gelée jusqu’à son retour de mission. S’il est mort, elles n’auront rien du tout sinon la légion d’honneur à titre posthume, éventuellement.

Moralité: quand on est officier de renseignement envoyé en mission, il faut toujours dire à quelqu’un de confiance sa fausse identité, l’endroit le plus précis où l’on part et trouver avec lui un moyen de communication en dehors du Service, même si c’est très difficile et parfois presque impossible, disons « presque » puisqu’ « impossible » n’est pas français. Car le Service ne vous connaît plus s’il y a un gros problème à résoudre. Si les familles n’ont pas la preuve que leur cher disparu a disparu, elles devront attendre. Et elles attendront longtemps puisque, si l’officier se trouve sous des décombres au fond d’un souterrain abandonné, il est peu probable qu’on le retrouve jamais.

On pourra toujours écrire sur son cénotaphe:

« Mort pour des intérêts américains

Il aimait l’action, plus que sa famille ».

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