
Au cours d’une série d’articles qui va suivre, Audresselles.at va vous présenter les cartes des agglomérations qui se trouvent en bordure de mer avec les prévisions sur quatre-vingts dix ans réalisées par les services de l’Etat en charge de ce sujet. Il s’agit de documents de travail tenant compte de différents paramètres et considérant le réchauffement climatique comme inéluctable. Ce postulat entraînant des calculs fondés sur une hausse du niveau des océans jusqu’à 60 cm (fonte des glaciers et dilatation de l’eau).
Le réchauffement climatique est essentiellement dû à l’augmentation du rayonnement solaire (beaucoup plus qu’aux émissions de gaz à effet de serre), et les astronomes ne peuvent pas encore le prévoir.
Si le rayonnement solaire faiblit, comme sous le règne de Louis XIV, il y aura au contraire une baisse du niveau des océans. Donc toutes les prévisions de ces documents de travail deviendront en grande partie caduques.
Autre paramètre imprévisible: les mouvements des alluvions et dépôts sur les estrans. A Wissant, l’enlèvement du sable venu de la plage par la commune pour satisfaire des plaisanciers possédant une résidence en bordure de mer dans les années quatre-vingts a accéléré un processus de désensablement de l’estran et du massif dunaire. Avec la formation récente du chenal aspirant le sable vers le large, la transgression marine y semble inéluctable même sans montée des eaux.
En revanche, à Audresselles, où les galets s’accumulent et font monter le niveau de la plage, la mer ne vient plus le long des digues sud (au sud de la villa Titus) qu’elle submergeait par grande marée et forte houle en 1965. Mais si le cordon littoral était rompu au niveau de l’estuaire colmaté de la Slack par l’activité humaine (création de carrières d’enlèvement des sédiments), la plage d’Audresselles cesserait d’être alimentée et disparaîtrait.
Enfin, comme il s’agit de document élaborés à partir de paramètres nationaux, leurs auteurs ne font pas la différence entre les côtes de la Manche et celles de l’océan. Dans la Manche, les hautes vagues de submersion ne peuvent se former en raison de la faible profondeur de la mer (pas plus de 30 mètres) et il n’ y a pas de risque de tsunami. En revanche, les côtes de l’océan, non seulement subissent une houle déferlante à forte amplitude mais en plus, elles sont en grande partie peu protégées. Les marais salants et les bassins d’ostréiculture nécessitent en effet un va-et-vient incessant des eaux avec la mer.
Il y a trois cartes par commune: une carte établie en 2010, une carte établie en 2013 et une carte prévisionnelle à l’horizon 2100.
Pour les agglomérations protégées par des digues et au-dessus du niveau de la mer, les cartes reproduisent la situation existante à marée haute de fort coefficient, avec élévation du niveau de la mer par fort vent d’ouest et de sud-ouest.
Dans certains cas, notamment à Oye Plage et au Touquet, de fortes différences de prévision de transgression marine existent entre les trois cartes. Comme les progrès en la matière n’ont pas révolutionné la science entre 2010 et 2013, il est possible que des intervenants extérieures et pas nécessairement scientifiques (promoteurs, industriels, propriétaires terriens, élus) ont fait réviser les cartes dans le sens qui leur convenait davantage.