Le prix d’un P38 à la foire aux puces de la porte de Montreuil
Dialogue à16h18 un samedi d’octobre à cent mètres du Novotel de la porte de Montreuil, dans une allée du marché aux puces:
« Qu’est-ce que t’as à me regarder ? »
-Je regarde derrière toi ma femme qui achète des vêtements. Mais toi, qu’est-ce que tu fais au milieu de l’allée ? Tu chouffes (« surveiller » en arabe) ? Qu’est-ce que tu as à vendre ?
-De tout.
-T’as du shit ?
Le chouffeur hausse les épaules: « Evidemment! J’ai tout ce que tu veux. »
-Et des armes ? Tu as des armes à vendre ?
-Oui, qu’est-ce que tu veux ?
-Tu as un pistolet mitrailleur ? Et un pistolet, tiens, un simple pistolet ?
-Mais oui, j’ai tout ça. J’ai un P38 avec quatre chargeurs, là, dans la camionnette, pour quatre cents euro. C’est pas cher.
-Ma femme a fini, elle revient, je repasserai.
-Je ti le vend tout de suite le pistolet avec les quatre chargeurs.
Le couple s’en va, le vendeur de pistolet les suit et insiste pour vendre sa camelote.
Et pendant ce temps, des policières montées (à cheval sur un cheval) dans la rue, à côté de la camionnette bourrée d’armes, regardent de haut la foule depuis la rue adjacente sans aucune curiosité. Elle sont là pour la décoration.
La vente libre d’armes de toute nature autour de Paris a commencé depuis longtemps et ce qui est étonnant, c’est que si peu d’affrontements armés spectaculaires aient eu lieu jusqu’à maintenant.
Aujourd’hui, 13 novembre, un massacre a lieu dans le 10e arrondissement mais presque tous les jours maintenant, on entend des détonations dans Paris, comme à Alger en 1960.


















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