18 novembre, 2018

Tariq Ramadan: enfin des juges insensibles aux pressions

Classé dans : histoire,international,religion,socialistes,Syrie,Tariq Ramadan — dompaul @ 19:10

La mutation-promotion du procureur François Mollens et l’installation en juin 2018 d’un nouveau président de la Cour d’appel de Paris, Sandra Orus, et de deux nouveaux présidents de la Chambre de l’ instruction (anciennement chambre d’accusation) de cette même cour, Lucile Jaillon-Bru et Thierry Léon, magistrats insensibles au pressions extérieures, semble-t-il, a changé le point de vue initial de la Justice sur le cas de Tariq Ramadan. La Chambre de l’Instruction a en effet émis le 14 novembre 2018, un arrêt cassant le jugement maintenant en détention Tariq Ramadan, appelé avec dédain par ses adversaires «  l’Islamologue », terme fabriqué exprès pour lui à la place du mot « théologien ».

Comme Tariq Ramadan ne veut pas qu’on le qualifie de prophète, ni d’envoyé de Dieu, et ne semble accepter que le titre modeste de « Professeur », qualifions-le de « Lumière des Croyants » (Nour Al-muminin)  puisque  l’essentiel de ce qu’il dit et écrit s’applique à tous les Croyants, Chrétiens et Mahométans en particulier, qui sont favorables à la Vie.

C’est son refus de prendre un titre glorieux qui s’ajoute à la véracité de son message puisqu’il n’a jamais nié sa vraie nature d’homme tenté par Satan, et qu’il aurait soi-disant avoué avoir succombé à deux tentatrices à partenaires multiples venues jusque dans sa chambre d’hôtel pour le séduire gracieusement à plusieurs reprises et qui ont su monnayer ensuite auprès d’autres leur témoignage fallacieux. Saint-Pierre avait fait pire en reniant le Christ par peur.

Fureur de ceux qui trouvent que neuf mois de prison préventive et une caution de 300 000 € ne suffisent pas pour persécuter Tariq Ramadan: les associations procédurières de gays et  de lesbiennes, les pratiquants de l’avortement, les laboratoires équipés pour la GPA et la PMA et leurs zélateurs, les frustrées, féministes fanatiques,  les partisans du suicide assisté, les trafiquants de produits stupéfiants, les proxénètes de filles des quartiers suburbains, les alcooliques invétérés, les racistes, les décideurs de tout acabit qui ont réussi à enfermer les Juifs israéliens et les Gazaoui, nouveaux Philistins, dans des camps mitoyens entourés de murs en béton et de clôtures en barbelés électrifiés pour qu’une haine mortelle et  indélébile perdure entre eux à jamais.

Fureur aussi des gouvernements que Tariq Ramadan critique parce qu’ils provoquent des guerres impérialistes et l’anarchie en Lybie, en Irak, en Syrie, au Yémen, en Afghanistan, bref les suppôts de celui qu’au cours d’une messe noire, le chanoine sacrilège Docre appelle « le maître des Esclandres » et que les Mahométans appelle Iblis et les Grecs Yblis: l’Orgueil.

Voici une prière toute prête à l’usage de ces ennemis de Tariq Ramadan:

« Maître des Esclandres, Dispensateur des bienfaits du crime, Intendant des somptueux péchés et des grands vices, Satan, c’est toi que nous adorons, Dieu logique, Dieu juste !

Légat suradmirable des fausses transes, tu accueille la mendicité de nos larmes: tu sauves l’honneur des familles par l’avortement des ventres fécondés dans des oublis de bonnes crises; tu insinues la hâte des fausses couches aux mères et ton obstétrique épargne les angoisses de la maturité, la douleur des chutes, aux enfants qui meurent avant de naître.

Soutien du Pauvre exaspéré, Cordial des vaincus, c’est toi qui les doues de l’hypocrisie, de l’ingratitude, de l’orgueil, afin qu’ils se puissent défendre contre les attaques des enfants de Dieu, des Riches !

Suzerain des mépris, Comptable des humiliations, Tenancier des vieilles haines, toi seul fertilise le cerveau de l’homme que l’injustice écrase; tu lui souffle les idées de vengeance préparée, des méfaits sûrs; tu l’incites aux meurtres, tu lui donne l’exubérante joie des représailles acquises, la bonne ivresse des supplices accomplis, des pleurs, dont il est cause !

Espoir des virilités, Angoisse des matrices vides, Satan, tu ne demande pas les inutiles épreuves des reins chastes, tu ne vantes pas la démence des carêmes et des siestes: toi seul reçois les suppliques charnelles et les apostilles auprès des familles pauvres et cupides. Tu détermines la mère à vendre sa fille, à céder son fils, tu aides aux amours stériles et réprouvées, Tuteur des stridentes névroses, Tour de Plomb des Hystéries, Vase ensanglanté des Viols !

Maître, tes fidèles servants à genoux t’implorent. Ils te supplient de leur assurer l’allégresse de ces délectables forfaits que la justice ignore; ils te supplient d’aider aux maléfices dont les traces inconnues déroutent la raison de l’homme; ils te supplient de les exaucer, afin qu’ils souhaitent la torture de tous ceux qui les aiment et qui les servent; ils te demandent enfin, gloire, richesse, puissance, à toi, le Roi des déshérités, le Fils que chassa l’inexorable Père… » (extrait de « Là-bas », p.240/283, écrit au XIXe siècle par J.K. Huysmans, ancien fonctionnaire du ministère de l’Intérieur et des Cultes)

17 novembre, 2018

Commémoration du centenaire du 11 novembre 1918 à Audresselles

Classé dans : conseil municipal,fêtes,histoire,international — dompaul @ 17:09

A Audresselles, la commémoration du 11 novembre 1918 se déroule ordinairement en deux temps: la cérémonie à l’église avec prières et chants en mémoire des soldats et marins audressellois  morts pour la France pendant la Grande Guerre, dont les noms, inscrits sur la plaque en marbre de la nef, sont lus un par un depuis cent ans. Certaines familles portent encore ces noms glorieux: Harduin, Lisse, Malfoy, Beaugrand, Marcq, Penel, Tourmetz et surtout Dutertre et Parenty, dont les ancêtres s’étaient déjà illustrés aux Croisades. Mais beaucoup parmi tous ces noms, qui apparaissent plusieurs fois sur la plaque, ont été rayés définitivement du monde des Audressellois et parfois même de la face de la Terre.

Cette année du centenaire de l’armistice, il y avait encore deux porte-drapeaux dont Evelyne Ruano, épouse de l’ancien maire-adjoint d’Audresselles et un ancien militaire d’Ambleteuse. Mais seulement trois conseillers municipaux ont assisté à la cérémonie à l’église: le maire Roger Tourret, son premier adjoint Paul Ellart et Benoît Geneau de Lamarlière. Le maire d’ Ambleteuse, Arnaud Lelièvre du Broeuil est aussi venu avec deux de ses adjoints Christophe Pâque et Irène Rousseaux et l’ancien maire Jean Jayat, président de l’association des anciens combattants. Une fois de plus, le commandant (C.R.) Jean-Paul Cogez, chevalier de l’Ordre du Mérite, a fait l’appel du nom des Audressellois morts pour la France.

Au monument aux morts, sous le calvaire, pour la cérémonie laïque, ils étaient plus nombreux à s’être déplacés pour écouter le discours du maire, lui-même ancien combattant:  plusieurs conseillers municipaux d’Audresselles se sont ajoutés aux précédents: Hugues Pouyet, Bruno Depothuis, Patrick Boucher et Michel Nicolas. Ainsi que quatre conseillers de l’Opposition municipale: Olivier Hugon, Raouti Chikaoui, Franck Ternisien et Antoine Benoît.

Même pendant la collation à la mairie servie gracieusement par Ghislaine Caron, personne n’a profité de l’occasion pour rappeler à ces quatre derniers que, grâce à leur vote aboutissant à l’interférence du sous-préfet, les taxes locales avaient considérablement augmenté. Pour rien.

Le professeur des écoles Pierre Tallotti, en poste à Audresselles, avait aussi fait le déplacement (il n’habite pas Audresselles) pour assister à la cérémonie, seul représentant du corps enseignant depuis des années à assister à cette manifestation.

Une délégation des motards de la côte d’Opale, pour certains anciens officiers et sous-officiers de l’armée française, ont aussi fait acte de présence ainsi que quelques anciens combattants de la guerre d’Algérie, le poitrail couvert de médailles.

La commémoration de ce centenaire nous rappelle qu’il suffit d’un seul fou furieux comme Guillaume II Hohenzollern, pour déclarer une guerre qui va faire des dizaines de millions de morts à vingt ans, sauf ses fils.

19 octobre, 2018

A Audresselles, la campagne électorale pour les élections municipales de 2020 se transforme en guerre ouverte.

Classé dans : conseil municipal,international,socialistes — dompaul @ 17:28

translation in English below:

Les élections municipales doivent avoir lieu dans dix-huit mois, en 2020, et la campagne électorale bat déjà son plein à Audresselles. Les candidats à la direction de la commune sont déjà en campagne avec un programme qui indique leur tendance politique et à quel électorat il s’adressent. Les passions sont déjà exacerbées au point que le candidat de l’Opposition aux fonctions de maire refuse de serrer la main à ceux dont il pense qu’ils ne voteront pas pour sa liste.

Pour certains, les hostilités sont ouvertes comme s’il s’agissait d’une guerre et l’Opposition n’hésite pas à recourir à tous les coups bas, y compris au détriment des contribuables.

Après une enquête approfondie, Dominique P. Boitel  fait pour vous le point sur les derniers rebondissements de cette campagne électorale.

« L’équipe Cap Audresselles » de cinq membres, qui constitue l’Opposition dans le conseil municipal, a distribué en septembre 2018 dans les boîtes à lettres une analyse critique du budget municipal proposé par l’exécutif afin d’expliquer les raisons pour lesquelles elle a voté « contre ».

Certains paramètres ne sont pas pris en compte. L’auteur du document le reconnaît. Il évoque des impayés de TVA puis il note que la TVA n’a pas été récupérée. Or la commune ne paye pas de TVA. Cette taxe ne concerne que le camping municipal dont, selon la loi désormais en vigueur, le budget n’ a aucun rapport avec celui de la Ville. L’excédent de recettes du camping de 900 000 € ne peut donc profiter à la commune. Le camping n’apporte plus rien aux Audressellois.

« Cap Audresselles » reproche aussi au maire de ne pas avoir demandé de subventions sans préciser pour quel usage il aurait dû le faire.

Quoi qu’il en soit, le budget aurait été voté si quelques « traîtres » de la majorité n’avaient pas profité de l’anonymat du scrutin pour voter avec l’Opposition. Ils sont connus et ils l’ont reconnu mais ils ne souhaitaient pas, jusqu’à maintenant, que leur identité soit publiquement dévoilée.

Et voici qu’avec l’Opposition, les « traîtres » et d’autres conseillers de la Majorité ont signé une demande d’audit à la Chambre régionale des comptes, certains de ces autres conseillers espérant de bonne foi par ce moyen rendre définitivement claire une situation qui l’était déjà.

Trois conseillers seulement n’ont pas fait la démarche de signer cette demande: le maire Roger Tourret, Paul Ellart et Benoît Geneau de Lamarlière.

Comme le budget n’a pas été voté, le sous-préfet a dû le décider unilatéralement en suivant les conclusions de la Chambre régionale des comptes. D’habitude, elle est saisie lorsqu’il faut empêcher une municipalité de continuer à faire des dépenses inconsidérées.

A Audresselles, c’est le contraire qui s’est produit. La commune n’a aucune dette et le maire ne dépenserait pas assez. Le sous-préfet  a imposé un budget comportant des dépenses supplémentaires,  afin de  prévoir davantage d’investissements et d’emplois municipaux. Le sous-préfet a donc  augmenté unilatéralement les impôts locaux pour 2019.

Quelle est la vrai raison de ce refus de voter le budget y compris de la part des trois voix de la majorité municipale  qui ont rejoint l’Opposition?

La  cause déterminante en est la suivante : dans son budget, Roger Tourret a supprimé les subventions aux associations implantées sur la commune. La plupart servent  de couverture à « Cap Audresselles » pour sa propagande électorale, notamment en organisant des voyages pour les Audressellois juste avant les élections. Plusieurs conseillers de la « Majorité » font partie de ces organismes.  

Roger Tourret a aussi laissé entendre qu’il ne se représenterait peut-être pas en 2020. Donc, comme disait De Gaulle, ce ne sera pas le manque de candidats aspirant à le remplacer, mais le trop-plein.

Pour les prochaines municipales, une petite partie des conseillers de la Majorité pronostiquent donc  la victoire de la liste d’Opposition conduite par le triumvirat composé d’Antoine Benoît, Raouti Chikaoui et Olivier Hugon et voudraient s’y incruster. Ces postulants s’abstraient des candidats non élus qui en faisaient partie et qui pourraient vouloir se représenter. Ils se fient surtout aux résultats des partielles de l’hiver, lorsque tous les candidats de l’Opposition ont été élus, en  oubliant que les résidents secondaires n’ont même pas su qu’il y avait un scrutin car ils ne sont pas venus récupérer la littérature électorale dans leur boîte à lettres.

Or, ces électeurs représentent plus de la moitié des votants et ont acheté leur résidence secondaire plusieurs centaines de milliers d’euros. En général, ils ne sont pas favorables à une municipalité très à gauche, mangeuse mais surtout distributrice de subventions avec leurs impôts locaux, et  décidée à construire encore des logements sociaux et une maison de «  jeunes » de quelques millions d’euros.

Le tout aboutissant automatiquement à l’implantation à Audresselles de populations vivant exclusivement d’allocations et venues des métropoles environnantes ou plus lointaines.

In Audresselles, the electoral campaign for the municipal elections of 2020 is turning into open war.

While the municipal poll will take place in eighteen months, in 2020, the electoral campaign in Audresselles is already in full swing and the candidates for ruling  the town-council are in campaign with a program indicating their political trend and which electorate they address. It has come to such an extent that the opposition candidate as mayor is refusing to shake hands with those voters whom he thinks they would not vote for him.

For some, the hostilities are open as if it were a war and the Opposition does not hesitate to use all the blows, including to the detriment of taxpayers.

After a thorough investigation, Dominique P. Boitel gives you an update on the latest developments in this election campaign.

The five-member "Cap Audresselles" team, which constitutes the opposition in the municipal council, distributed in September, 2018 in
 the mailboxes, a critical analysis of the municipal budget proposed by the executive, to explain the reasons why they had voted "against".
Some settings are not taken into account. The author of the document recognizes this fact. He refers to unpaid VAT and notes that VAT
 has not been recovered. The municipality does not pay VAT. This tax only concerns the municipal campsite of which, according to the 
law, the budget has nothing to do with that of the City. The excess revenue of the campsite of 900 000 € cannot therefore benefit
 the municipality. The campsite brings nothing to the Saint-Johners (Audresselles was called Saint-John when it was ruled by Henry the 8th
 of England).

"Cap Audresselles" also criticizes the mayor for not having asked for subsidies without specifying for what use he should have done it.

In any case, the budget would have been voted if some "traitors" of the majority had not taken advantage of the anonymity of the poll to
vote with the Opposition. They are known and they recognized it but they did not wish, until now, that their identity were publicly 
unveiled.
And now, with the Opposition, the "traitors" and other Majority councilors have signed a request for an audit at the Regional Chamber of
 Accounts, some of these other councilors hoping in good faith to make this request clear a situation that, in fact, was already so.

Only three councilors did not make the process of signing this application: Mayor Roger Tourret, Paul Ellart and Sir Benoît Geneau de 
Lamarlière.

Obliged by the law to replace the council unable to vote a budget, the deputy-prefect had to decide unilaterally and followed the 
conclusions of the Regional Chamber of Accounts imposing a budget with additional expenses, in order to provide more investment and 
municipal jobs. The deputy-prefect therefore unilaterally increased local taxes for 2019.
Usually, the Regional Chamber of Accounts is seized when it is necessary to prevent a municipality from continuing to make reckless 
expenditures.

At Audresselles, the opposite has occurred. The town has no debt and the mayor would not spend enough, according to the chamber.
So, what is the true reason for this refusal to vote the budget, including from the three voices of the municipal majority who joined the 
Opposition?

The decisive cause is as follows: in his budget, Roger Tourret has abolished subsidies to associations established in the municipality. 
Most of them serve as cover for "Cap Audresselles" for its electoral propaganda, notably by organizing trips for Saint-Johners 
(Audressellois) just before the elections. Several "Majority" councilors belong to these organizations.

Roger Tourret also hinted that he may not be representing himself in 2020. So, as De Gaulle said, “it will not be the lack of candidates 
aspiring to replace him, but the overflow”.

For the next municipal elections, a small part of the Majority's councilors predict the victory of the list of opposition led by the triumvirate
 composed of Antoine Benoît, Raouti Chikaoui and Olivier Hugon and would like to be ingrained. These postulants erase unelected 
candidates who formerly were  part of this list and who might want to represent themselves. They mostly rely on the partial results of the
 winter, when all Opposition candidates were elected, forgetting that secondary residents did not even know there was a ballot because 
they did not come retrieve electoral literature in their mailbox.

However, these voters represent more than half of the voters and have bought their second home several hundreds of thousands of euros
 or pounds. In general, they are not in favor of a very left-wing municipality, which is eating but above all distributing subsidies with their
 local taxes, and has decided to build social housing and a "house for youngsters” worth a few million euros.

The result automatically would lead to the establishment in Audresselles of populations living exclusively with allocations and coming from the surrounding  or more distant townships.

12 octobre, 2018

Tariq Ramadan (نور المؤمنين) a-t-il eu tort d’avoir raison ?

Classé dans : histoire,international,politique,religion,Tariq Ramadan — dompaul @ 17:29

Pour ceux qui n’ont suivi que de loin l’affaire Ramadan, en voici  le scénario et les principaux acteurs.

Accusés innocentés

Au début du siècle, dans l’affaire dite d’Outreau, les accusés  innocentés après trente mois passés en prison, ne représentaient  personne qu’eux-mêmes. La hiérarchie catholique  n’était pas montée en première ligne pour défendre son prêtre accusé  car elle s’en remettait à la justice française. Bien qu’ayant coûté au contribuable plusieurs millions d’euros, l’indemnisation de ces innocentés n’a pas pu réparer le préjudice moral et familial qu’ils ont subi. Même si l’indemnisation future de Tariq Ramadan est beaucoup plus importante, son préjudice moral ne pourra pas être compensé et ses persécuteurs ne subiront aucun châtiment: en France, grâce aux restrictions apportées sur l’ article pourtant précis du code pénal (article 434-13 ), les faux témoins ne sont jamais punis surtout si ce sont des femmes à partenaires sexuels multiples puisque, dès l’origine, tout magistrat sensé sait que leur témoignage vaut autant que leur vertu.

Tous concernés

L’emprisonnement de Tariq Ramadan choque et mécontente non seulement les dizaines de millions de Mahométans français, des électeurs, qui le considèrent comme « la lumière des Croyants » (نور المؤمنين).  Qui, en effet, peut citer nominativement un seul de nos concitoyens mahométans qui approuve ce que subit Tariq Ramadan?    Sont autant choqués ceux qui estiment que le même traitement  judiciaire doit s’appliquer à tous, à toi, à moi, à Tartempion et même à ceux des Mahométans qui sont mal vus des groupes de pression influents, manipulant les élus. En effet, en France,  le gouvernement est représenté directement par le Parquet (procureurs, substituts nommés et révoqués par le chef de l’Etat) et indirectement par les juges du siège dont il supervise l’avancement ou l’affectation. On a vu en 1990 dans l’affaire de Carpentras, que les pressions directes de ministres comme Jack Lang ont fini par contraindre la femme  juge d’instruction à démissionner parce qu’elle n’avait pas voulu emprisonner des innocents déjà condamnés à l’avance par les médias subventionnés par l’Etat.

Comment un président de Cour d’ Assises va-t-il pouvoir influencer le jury s’il souhaite obtenir la condamnation de Tariq Ramadan ? Sa première arme consisterait d’abord à choisir des jurés dont l’islamophobie virulente est inconnue de la défense. La police peut lui fournir un listing à cet effet. Il peut aussi leur faire peur en évoquant le mécontentement des groupes de pressions hostiles à l’accusé. Car, en définitive, Tariq Ramadan ne peut être éventuellement convaincu que d’adultère avec des femmes aux partenaires multiples et à qui leur témoignage à charge peut apporter des avantages.

Le sort des adultères 

A l’époque de Victor Hugo et de Georges Courteline, le mari cocu reconnu comme tel par huissier, pouvait faire jeter son épouse légitime en prison sauf si celle-ci, à l’instar de Marthe Passoire, devenait entre-temps la maîtresse du ministre. L’amant avait aussi des ennuis sauf s’il était pair de France, comme Victor Hugo.

La Torah comme la Charia prévoient la mort pour les adultères mais pas l’Evangile. L’Evangile ne prévoit aucun châtiment pour eux sauf si l’on parvient à trouver quelqu’un qui n’a jamais péché et qui accepte de leur jeter la première pierre. « Va, et, à partir de maintenant, ne pèche plus », dit Jésus à la femme adultère (Evangile  selon Jean VIII, 11). A aucun moment, Jésus ne critique pourtant la Torah, car « il n’est pas venu pour l’abolir mais pour l’accomplir ».

Aujourd’hui, Tariq Ramadan dit la même chose aux Mahométans: il ne demande pas le retrait des versets du Coran concernant la mise à mort des adultères, mais un moratoire sur leur châtiment.

Les « victimes » se liguent

Jésus-Christ, considéré par ses fidèles comme l’Agneau de Dieu, prêchant les Béatitudes et l’amour réciproque des uns pour les autres, n’était en rien jugé comme un doux par tous ceux qu’il réprimandait ou insultait, notamment par la caste supérieure des Pharisiens qu’il mettait en face de leurs contradictions et traitait d’hypocrites, de « sépulcres blanchis, plein de pourritures à l’intérieur », les « riches » qu’il excluait du royaume de Dieu, les redresseurs de torts qu’il empêchait de lapider les femmes adultères en application littérale de la Torah, les pédérastes qu’il préconisait de noyer dans la mer (Matthieu XVIII,6), et surtout  ceux qu’il était venu fouetter au moment de la Pâque lorsque le chiffre d’affaires est le plus important: les marchands du Temple. Et ils étaient nombreux. Jésus ne s’était pas contenté de les fouetter, il avait aussi bousculé leur étal sans même que la police du procurateur Ponce Pilate  intervienne.

Evidemment, huit jours après, dès qu’elles ont trouvé un prétexte pour le faire condamner, ses «  victimes » se sont liguées contre lui alors même qu’elles n’éprouvaient aucune affinité entre elles. Et il a été crucifié pour blasphème: il témoignait contre lui-même en se disant « Fils de Dieu ». C’était comme si aujourd’hui, un inconscient oublieux du code pénal français particulièrement répressif en la matière, niait l’existence des chambres à gaz, fondement de l’Etat d’ Israel.

Tariq Ramadan est un peu dans le même cas de figure aujourd’hui. Dans l’un de ses premiers ouvrages publié chez Tawhid, en 1999,   »les Musulmans et la Laïcité », il expose un  historique du concept européen de la laïcité et il en donne une définition précise et justifiée, ce qui ne peut que déplaire à ceux qui préfèrent un concept flou, adaptable à leurs intérêts politiques ou économiques selon les circonstances. Chacun de ses ouvrages reste en cohérence avec les précédents et ses analyses orales ou écrites véhiculent un message d’harmonie dans la cité. Il préconise la tolérance mutuelle entre les Croyants chrétiens, juifs et musulmans, il prône l’observance des piliers de l’Islam d’une façon compatible avec l’ Evangile. Il s’oppose donc au mariage gay, aux mosquées « pour homosexuels », à l’avortement, au terrorisme se réclamant de l’Islam. Il critique la gestion des Palestiniens élaborée par le gouvernement israélien, la dictature d’une famille en Arabie saoudite et la politique impérialiste des Démocrates des Etats-Unis d’Amérique, assistés de leurs alliés européens.

Ainsi a-t-il réussi à liguer contre lui les groupements d’influence les plus puissants qui, en temps ordinaire, défendent des intérêts complètement opposés les uns contre les autres: les Croyants fanatiques de toute appartenance ou obédience qui veulent l’élimination de ceux qui ne croient pas en Dieu à leur manière,  mais surtout les Lesbiennes et les gays revendicateurs, les partisans du mariage des homosexuels, les athées prosélytes, les militants de « la solution finale » pour les Palestiniens, les suppôts de l’avortement en même temps que de la gestation pour autrui , les « Papans »,   les gouvernements dictatoriaux des pays musulmans, les prétendus «  imams » bien obéissants, parlant un français à la syntaxe approximative et ayant fait leur pèlerinage en Israel.  Au cours notamment d’émissions télévisées, il a mis ses antagonistes face à leurs contradictions, parfois même à leur perversité. Ils les a humiliés devant des millions de téléspectateurs et cela, c’est déjà un crime impardonnable.

Mais il a annoncé le pire: il a demandé la nationalité française habituellement distribuée si généreusement aux migrants. Et là, le Corps politicien s’est senti directement menacé:  les élus de tout bord prévoient déjà qu’il va se présenter à des élections et leur voler leur électorat. Imaginons: Tariq Ramadan contre l’une des Dames Le Pen. Pour qui voteriez-vous ?

Il faut un accusé qui avoue

Aujourd’hui,  trois juges  maintiennent Tariq Ramadan en rétention administrative pour une durée indéterminée avec de mauvais traitements occasionnels sans tenir compte de sa sclérose en plaques,  jusqu’à ce  qu’il avoue lui-même des crimes afin  qu’on les lui impute. Dans la procédure inquisitoriale restée en vigueur en tant qu’ »exception française » puisqu’elle a fait ses preuves depuis l’époque des persécutions contre les Albigeois, il faut que l’accusé avoue: « habemus confitentem reum », reste la devise du droit pénal français.  C’est seulement ensuite qu’il sera remis au bras séculier pour qu’il soit condamné et définitivement déconsidéré. Mais Tariq Ramadan s’acharne à ne pas avouer alors qu’on lui a préparé un dossier à charge tout prêt avec des « viols » sans même qu’il ait besoin de recourir à son imagination. Il n’a plus qu’à reconnaître la véracité des témoignages contre lui.

« Tu dates et tu signes ici.

C’est tout. »

Sans ses aveux signés qu’il est un violeur pervers et hypocrite, les inquisiteurs ne peuvent pas l’envoyer aux Assises.

Donc il n’avoue pas. Donc il reste au cachot.

Le procureur François Mollens, qui a débuté la procédure contre Tariq Ramadan, a été promu par le président Macron comme procureur à la cour de Cassation et, pour l’instant, il n’a plus le fardeau de ce dossier encombrant. Les trois juges  Camille Julia Guillermet, Camille Palluel et Cyril Paqueau en revanche, restent en première ligne et le fondement de leur décision de maintien de Tariq en détention repose sur le seul  témoignage de personnes « fragiles » : Henda Ayari qui a touché des droits d’auteur sur son livre de dénigrement et Paule Emma Aline, née à Gennevilliers en 1972, alias Christelle (pourquoi Christelle ?).

S’ils relâchent maintenant Tariq Ramadan, la fête de la « Victoire » va être célébrée dans tout Paris par des dizaines de milliers de personnes, avec les débordements que l’on sait.

S’il est jugé aux Assises et qu’il est  relaxé, ce seront des centaines de milliers.

S’il meurt en prison, c’est la révolution.

Des alliés objectifs qui ne veulent pas se compromettre

Maintenant intéressons-nous à la hiérarchie catholique  française  qui est attaquée par les mêmes individus et groupes de pression que Tariq Ramadan sur les mêmes sujets. En tant qu’allié objectif, il devrait donc être défendu par elle.  Le pape François vient de comparer l’avortement à l’ « utilisation d’un tueur à gages » mais la hiérarchie cléricale de France, qui n’a déjà voulu ni défendre l’abbé Wiel ni participer à la manif pour tous, ne risque donc  pas de se compromettre pour soutenir Tariq Ramadan.

Encore une occasion perdue !

Avec l’idée de déconsidérer définitivement  l’Eglise catholique,  l’ « Infâme » selon Voltaire, des députés viennent de proposer la création d’une commission parlementaire chargée d’enquêter  sur chaque évêque pour déterminer s’il avait  protégé des prêtres « habitués ». Selon Huysmans dans « Là-Bas »,   »habitués » est le terme qu’utilisait la police, au XIXe siècle, pour qualifier les prêtres pédérastes appelés aujourd’hui abusivement  »pédophiles » par les suppôts de Satan qui pervertissent le sens des mots.

La meilleure défense, c’est l’attaque. Si l’Eglise catholique émet le vœu public que Tariq Ramadan soit traité sans a-priori, elle montre qu’elle ne se laisse pas intimider par les ennemis virulents de la Foi et de la Vie. Mais surtout, elle se concilie de nombreux  Mahométans et aide à la protection des Chrétiens dans les pays majoritairement islamisés. Plus que la hiérarchie âgée et désormais réduite, c’est aux fidèles de manifester leur exigence de voir appliquer l’égalité de la loi y compris pour les Chrétiens et les Musulmans qui manifestent leur Foi commune en Dieu tout-puissant et Unique,  créateur du Ciel et de la Terre, qui croient en la Vérité de Jésus-Christ, à l’immaculée conception de la Vierge Marie, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle, qui rejettent l’esprit du Mal et refusent d’être des égarés. Amen.

 

17 août, 2018

Fête culturelle sur la plage d’ Audresselles 24-26 août 2018

Fête culturelle sur la plage d' Audresselles 24-26 août 2018 dans art
Andreas Dilthey Karl-Friedrich-Str. 157 52072 Aachen
www.andreasdilthey.de architecture@andreasdilthey.de
Andreas Dilthey, architecte dont le cabinet est à Cologne, organise la 16ème Fête Culturelle les 24-26 août 2018 à Audresselles.
Il invite les artistes plasticiens de toute nationalité à se joindre à son équipe pour réaliser des œuvres éphémères sur la plage.Jeudi 16 août après-midi, Andreas et son équipe sont arrivés à Audresselles, dans sa maison place du détroit (en face de l’épicerie).

Il compte travailler ensemble sur la plage avec les artistes qui viendront.

8 juillet, 2018

Audresselles: les Témoins de Jehovah plient bagage

Classé dans : histoire,international,politique,religion — dompaul @ 11:38

Michel Brusel, le sympathique ancien évêque (1) des Témoins de Jéhovah du secteur de Calais dont fait partie Audresselles, vient de  quitter le Pas-de-Calais pour rejoindre Lille, en raisons d’obligations familiales.

En effet, contrairement aux autres organisations religieuses, les congrégations des Témoins de Jéhovah ne rémunèrent pas leurs adeptes engagés ni leur clergé et ne peuvent donc pas les nommer autoritairement à un poste ni les empêcher de déménager. A l’exception du centre de Brooklyn où ils reçoivent un salaire.

Michel Brusel, ancien catholique engagé, était devenu « témoin de Jéhovah » après son service militaire sur les conseils du curé de Senlecques déçu par la direction prise par l’église catholique après 1968 (2). Il  entretenait un dialogue très ouvert avec plusieurs prêtres et quelques fidèles catholiques de la paroisse ND des Flots sans néanmoins en avoir converti à ses idées en matière de religion, proche de celle des Ariens, considérées  officiellement comme hérétiques depuis le 20 mai 325.

Comme les Mormons, l’église de la Scientologie et autres églises baptiste, épiscopalienne, évangélique fondamentaliste, ainsi que les associations de motards dont les engins portent des marques maçonniques, les Témoins de Jéhovah ont toujours été utiles aux gouvernements successifs des Etats-Unis d’Amérique pour accréditer auprès des populations intellectuellement limitées des pays extérieurs que le gouvernement de Washington  représente l’empire du Bien comme l’hostie « représente » le corps du Christ et que le drapeau « Stars & Stripes » est l’unique symbole de la Liberté.

M. Brusel est venu dire au revoir à ses relations d’Audresselles, accompagné d’ une jeune femme blonde de Calais, issue de plusieurs générations de Témoins de Jéhovah et qui ignorait, jusqu’à son passage à Audresselles, que les Catholiques lisaient la Bible.

(1) « évêque » est la contraction d’un mot grec qui signifie « surveillant » comme « flic » d’un autre mot grec qui signifie « gardien ».

(2) Le cardinal Casaroli, secrétaire d’Etat du Pape Paul VI (pape de 1963 à 1978), c’est-à-dire son Premier ministre, considérant que l’Union Soviétique allait dominer l’Europe entière, avait entamé une politique de soumission à Moscou, y compris dans la rédaction des manuels de catéchisme à l’usage des enfants où la date anniversaire de la mort de Lénine était indiquée. Le Pape Jean-Paul II, qui avait le sens de l’humour, a contraint le vieux cardinal à la palinodie avant qu’il ne prenne sa retraite, mais il a fallu une douzaine d’années après la mort de Paul VI avant que Lénine ne disparaisse des catéchismes catholiques.

 

19 juin, 2018

Les Catholiques doivent-ils soutenir l’Iran ?

Classé dans : histoire,international,politique,religion,Syrie — dompaul @ 15:52

François Nicoulleau a été ambassadeur de France en Roumanie et en Iran. Il nous livre ci-dessous sa vision du dossier nucléaire de l’Iran. Toutefois, à la lecture de son texte où il essaye de trouver une solution négociable entre l’Iran et Donald Trump et les états sujets des Etats-Unis en Europe, appelés improprement alliés, il reste prisonnier du schéma classique de l’actuelle diplomatie française qui consiste à soutenir les seuls intérêts à court terme de l’Arabie Saoudite et accessoirement d’Israel.

Pour l’instant, dans les chancelleries occidentales, personne n’a songé que l’Iran avait du mal à accepter que ses voisins frontaliers ou très proches: la Russie, l’Inde mais surtout le Pakistan, disposent de l’arme nucléaire. Si des extrémistes sunnites prennent le pouvoir au Pakistan, rien ne pourrait les arrêter pour attaquer les Iraniens chiites.

Second point: La Russie, le gouvernement légitime de Syrie (de Bachar Al Assad) et l’Iran, sont les seuls à protéger les fidèles et le clergé des églises chrétiennes du Moyen-Orient contre les milices sunnites fanatiques dites « modérées », genre Al-nosra, qui égorgent les chrétiens, brûlent leurs églises et sont soutenues par l’Arabie Saoudite, le Qatar et le gouvernement français. L’Iran fait même restaurer les monastères chrétiens de son territoire (surtout au nord), comme le grand monastère Saint-Etienne, et aide les communautés monastiques à s’y réinstaller. Evidemment, il ne soutient pas le mariage des gays ni la PMA.

Plutôt que de donner quelques sous à des organisations caritatives dont 66% déductibles des impôts, dans le but illusoire d’aider leurs frères orientaux persécutés,les Chrétiens européens, qu’ils soient catholiques ou orthodoxes, devraient donc logiquement se sentir plus proches des intérêts de l’Iran que de ceux du Pakistan, de l’Arabie saoudite où la conversion au Christianisme est punie de la peine de mort.

mardi 12 juin 2018

TRUMP, MACRON, ROUHANI : UNE TRIANGULATION IMPOSSIBLE ?

 

par François Nicoulleau

Rude école pour Emmanuel Macron que la gestion du dossier iranien. Il y découvre toutes les chausse-trappes de la diplomatie dans le paysage tourmenté du Moyen-Orient. En septembre dernier, à l’Assemblée générale des Nations-Unies, il avait présenté, en un hymne au multilatéralisme, sa vision alternative à la ligne de Donald Trump, qui, la veille, à la même tribune, avait décrit l’accord nucléaire de Vienne comme « l’un des pires et plus biaisés » jamais conclus par les États-Unis. Le Président français propose alors au contraire de le protéger, tout en évoquant la nécessité de trouver des solutions à l’expiration dans le temps de ses principales dispositions, ainsi qu’aux menaces soulevées par l’activité balistique iranienne.

Sauver l’accord de Vienne

Puis, à la mi-octobre, quand Donald Trump « décertifie » l’accord de Vienne, geste présenté comme un premier pas vers un retrait des États-Unis, Emmanuel Macron, au cours d’une conversation avec le Président iranien, Hassan Rouhani, confirme à nouveau l’attachement de la France à l’accord. Il fait aussi état de la nécessité de « dialogue » et de « progrès » sur le programme balistique iranien et les questions de sécurité régionale. Il annonce la prochaine visite à Téhéran de son ministre des affaires étrangères pour évoquer ces sujets. Le service de presse de l’Elysée précise enfin qu’« un déplacement en Iran du président français, à l’invitation du président Rouhani, a été envisagé ». Cette information – ce serait la première visite d’un dirigeant occidental majeur sous la République islamique – soulève alors beaucoup d’attentes.

En novembre, le Président français, au cours d’une conférence de presse à Dubaï avant de se rendre à Riyadh pour y faire connaissance du Prince héritier, Mohammed ben Salman et tenter de régler le cas Hariri, défend fermement la relation franco-iranienne, réaffirme son attachement à l’accord de Vienne, mais souligne la nécessité de le compléter « avec deux piliers, une négociation sur l’activité balistique de l’Iran, avec des sanctions si besoin, et une discussion stratégique encadrant l’hégémonie iranienne dans toute la région ». Le glissement sémantique perceptible dans l’usage des mots « négociation », « sanctions », « hégémonie », provoque un sursaut à Téhéran, où l’on considère ces sujets comme non-négociables. Le ton tend à s’aigrir. Si les propos officiels restent mesurés, il n’en est pas de même dans les milieux d’opposition au Président Rouhani, d’autant que quelques jours plus tard, Emmanuel Macron invite publiquement l’Iran à adopter « une position moins agressive au Proche-Orient ». Le dialogue se poursuit mais les propos à l’emporte-pièce commencent à voler. En décembre, Jean-Yves le Drian, ministre des affaires étrangères, lance dans une émission télévisée : « La présence iranienne et la volonté iranienne de faire un axe de la Méditerranée à Téhéran, non ! ». Quelques jours plus tard, Ali Akbar Velayati, conseiller diplomatique du Guide suprême, confie à une agence de presse : « Si la France veut conserver sa crédibilité internationale, elle ne devrait pas suivre aveuglément les Américains… le Président français se comporte en ce moment comme le caniche de Donald Trump ».

Glissement vers le bas de la relation

Malgré ces échanges peu amènes, la visite de Jean-Yves le Drian à Téhéran pour évaluer l’opportunité d’une visite du Président est maintenue. Il s’y rend en mars mais se heurte à un mur dès qu’il évoque la possibilité d’une négociation sur le balistique ou le rôle de l’Iran dans la région. Il est symptomatique qu’Ali Shamkani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, le reçoive en grand uniforme d’amiral (un an avant, il était en civil pour recevoir son prédécesseur Jean-Marc Ayrault). Le ministre français conclut sobrement qu’il y a « encore beaucoup de travail à faire ». L’on ne parle plus d’une visite du Président.

A la mi-avril, la relation se dégrade encore avec les frappes françaises en Syrie, aux côtés des Américains et des Britanniques, pour punir – plutôt symboliquement – Bachar el Assad de son dernier usage de l’arme chimique. Le Guide suprême, Ali Khamenei, accuseles dirigeants des trois nations d’avoir commis un crime majeur. Même si les canaux de communication sont maintenus, la relation touche un point bas.

Convaincre Trump de rester dans l’accord

Les choses se passent-elles mieux du côté de Donald Trump ? Fin 2017, début 2018, les Européens se sont affairés pour définir avec les Américains les mesures qui pourraient être prises pour les convaincre de demeurer dans l’accord de Vienne. Les trois pays parties à l’accord, Allemagne, France et Grande-Bretagne, poussent l’Union européenne à la prise de nouvelles sanctions contre l’Iran, mais peinent à convaincre leurs partenaires. Emmanuel Macron, pour sa part, confiant dans la relation personnelle qu’il a tissée avec Donald Trump, se rend fin avril à Washington avec l’espoir de l’amener à revenir sur son intention de quitter l’accord. Il va loin dans sa direction en évoquant un processus fondé sur « quatre piliers » : renforcement de l’accord actuel, prolongation de ses dispositions dans le temps, « endiguement de l’influence militaire » de l’Iran dans sa région, « surveillance de son activité balistique ». Mais rien n’y fait, le 8 mai, Donald Trump sort de l’accord.

D’une séquence à l’autre

Quelles leçons tirer de tous ces efforts ? Après coup, il est aisé d’expliquer pourquoi ils n’avaient aucune chance d’aboutir. Mais Trump aurait pu retarder une fois de plus son choix, ou encore assortir le retrait américain d’atténuation de ses effets sur les entreprises européennes. Ceci aurait alors été salué comme une victoire de la diplomatie française. Finalement, les positions des antagonistes se sont révélées irréconciliables. Côté iranien, il était inutile d’espérer convaincre la République islamique de modifier l’accord de Vienne ou de négocier un élément crucial de souveraineté et de défense nationale comme son programme balistique. L’évocation de possibles sanctions pour la faire céder a fait le reste. Un regard sur l’histoire de ce pays, sur la façon dont il se crispe sous la pression, aurait évité de se nourrir d’illusions. Côté États-Unis, l’affaire a révélé ce qui n’était pas forcément concevable au départ, à savoir la haine viscérale de Donald Trump à l’égard d’Obama, le menant à effacer, quel qu’en soit le prix, les traces de son prédécesseur dans l’histoire : l’« Obamacare », l’accord avec l’Iran.

Cette séquence close, s’en ouvre une autre au moins aussi difficile, présentant une équation à trois lourdes inconnues : comment éviter une guerre commerciale avec les États-Unis, tout en maintenant l’Iran dans l’accord nucléaire par suffisamment de commerce et d’investissement, sans mettre en péril l’unité européenne ? Que l’on parle en cette affaire de l’isolement de l’Amérique rappelle la célèbre manchette du Times (d’ailleurs apocryphe) : « Brouillard sur la Manche, le continent isolé ». En cette affaire, hélas, l’Europe, pour le moment, semble plus perdue dans le brouillard que l’Amérique de Trump. Elle a certes réactivé une directive de 1996 censée bloquer en Europe les sanctions américaines, et envisage de recourir à l’arbitrage de l’Organisation mondiale du commerce. Mais la première décision ne vaut que pour les entreprises n’ayant pas d’exposition aux États-Unis, ce qui les soumet de fait à la loi américaine, et la deuxième ne produira ses effets qu’à l’issue d’une longue procédure, si elle aboutit jamais.

Négocier, négocier sans cesse

Il faut bien revenir à la diplomatie. « Le dialogue, encore et toujours. Échanger, tenter de convaincre, sans cesse, pour défendre les intérêts des Français et aussi de tous ceux qui croient que le monde ne se construit qu’ensemble » vient de nous dire Emmanuel Macron à la veille de la réunion du G7. Il a sans doute conscience de faire écho à un illustre prédécesseur, rien moins que le Cardinal de Richelieu, qui écrivait dans son testament politique (il aurait tweeté aujourd’hui) : « négocier sans cesse, ouvertement ou secrètement, en tous lieux, encore même qu’on n’en reçoive pas un fruit présent et que celui que l’on peut en attendre à l’avenir ne soit pas apparent, est chose du tout nécessaire pour le bien des Etats ». C’est bien la situation dans laquelle l’on se trouve aujourd’hui.

Rendre son sens à une visite du Président français à Téhéran

Au sortir de ces généralités, de quelles cartes dispose notre Président pour espérer débloquer la relation de l’Europe, donc de la France, avec l’Iran ? Pas plus qu’un deux de trèfle sur le rôle de l’Iran dans la région, mais là, le temps va peut-être faire son œuvre pour réduire les ambitions de Téhéran. Ses positions en Irak, en Syrie, commencent à donner des signes de fragilité. Et rien n’empêche, au contraire, d’aller dans le sens du discours du ministre iranien des Affaires étrangères quand il prêche pour un dialogue multiforme appelé à déboucher sur « un pacte régional de non-agression ».

Sur le dossier balistique iranien, plutôt que d’appeler simultanément à des négociations et à des sanctions, ce qui répète les erreurs des négociations passées et ne conduit évidemment à rien, mieux vaut, là encore, encourager au multilatéralisme. L’Iran, sur cette question de souveraineté, ne fera de concessions que mutuelles.

Sur le nucléaire enfin, pour tenter de conserver les Iraniens dans l’accord, la France peut d’abord, dans le cadre européen, contribuer à mettre au point un programme ambitieux de coopération et d’investissements dans des secteurs épargnés par les sanctions américaines : l’agriculture, l’agro-alimentaire, la santé, la protection de l’environnement, l’université. Mais il est inutile de vouloir chercher à réviser l’accord nucléaire actuel, imparfait sans doute, mais comme tous les accords, fondés par nature sur des compromis. Mieux vaudrait, tout simplement, prendre rendez-vous pour le moment où ses principales clauses d’expiration approcheraient de leur terme.

Enfin, une visite du Président français à Téhéran devrait pouvoir être remise dans la balance, si l’Iran de son côté, s’engageait solennellement en cette occasion à continuer à respecter l’accord de Vienne. Un tel déplacement prendrait alors tout son sens.

(publié le 12 juin 2018 par Orient XXI)

 

15 mai, 2018

Gaza: qui est le Vieux de la Montagne ?

Classé dans : histoire,international,religion — dompaul @ 19:44

Au début du second millénaire de l’ère chrétienne, à Alamut, forteresse édifiée en haut d’un piton rocheux, un chef chiite régnait sur une troupe d’Assassins drogués au shit produit dans la région. Pour impressionner les ambassadeurs de ses adversaires venus pour traiter avec lui, la légende veut que, sur un simple signe, il était obéi instantanément par l’adepte qu’il désignait pour se précipiter du haut des remparts. Les Croisés l’appelaient « le Vieux de la Montagne ».

Aujourd’hui, dans le même esprit, un Vieux de la Montagne ordonne à des foules de jeunes Gazaouis de se précipiter dans la bande interdite de sept cents mètres de large en deçà des grillages frontaliers israéliens pour se faire mitrailler par Tsahal.

Sauf que les gémissements des familles gazaouis dont les enfants vont se faire volontairement massacrer,  n’impressionnent absolument pas leurs frères génétiques israéliens (1) qui, du moins selon le prophète Jérémie et Dieudonné M’Bala M’Bala,  s’y connaissent en jérémiades sur leur propre sort. Quand on a l’habitude de gémir sur soi, on ne gémit pas sur les autres car on connaît la musique.

L’actuel Vieux de la Montagne, sans doute situé comme son lointain prédécesseur dans un paysage proche de la Mer Gaspienne et qui tire les ficelles, s’attendrit encore moins sur le sort de ces jeunes ou moins jeunes fanatiques qu’il envoie directement dans l’Autre monde.

La bande de Gaza étant surpeuplée, les quelques dizaines de morts seront rapidement remplacées.

(1) voir: Gaza: des Hébreux tuent des Hébreux. Quel rapport avec Boulogne-sur-Mer ?

12 mai, 2018

Skripal veut retourner en Russie

Classé dans : international — dompaul @ 9:15

Résumé des chapitres précédents: L’ex-colonel  Serge Skripal du GRU (service de renseignement militaire russe), s’était installé en Angleterre après avoir purgé sa peine de prison en Russie pour avoir trahi son pays au profit des services secrets de Sa Majesté moyennant une rémunération de quelque cent mille euro. Le 4 mars 2018, alors que sa fille était venue de Russie pour lui rendre visite, ils ont tous deux fait l’objet d’une tentative d’empoisonnement dont le gouvernement britannique a immédiatement accusé le gouvernement de Vladimir Vladimirovitch et expulsé des diplomates russes.

Trump a fait la même chose et, alors que les services secrets français considèrent que ce n’est pas les Russes qu’il faut accuser de la tentative de meurtre, Macron n’en a pas tenu compte et a immédiatement imité les Anglais et perturbé nos relations diplomatiques avec la Russie contre nos propres intérêts.

Depuis, silence radio. La machine s’est grippée et on entend plus parler de Skripal ni de sa fille sinon pour dire qu’ils ont été soignés. La fille de Skripal veut retourner en Russie. C’est naturel puisqu’elle y habite. Ce qui est nouveau, c’est que Skripal le veut aussi car il préfère être en sécurité dans son pays qu’il a trahi même s’il doit abandonner la pension que lui verse le gouvernement britannique en tant qu’ancien agent de ses services.

Mauvaise idée: Skripal est désormais au secret et sa fille retenue chez les Anglais. Les journalistes n’ont pas accès à eux pour leur demander leur avis et ils n’ont pas intérêt à essayer de s’exprimer publiquement ni de chercher à retourner en Russie sinon les pieds devant.

Voir aussi:

Qui a empoisonné Skripal ? Le mécanisme de l’imposture

Le sort des espions: Theresa May a-t-elle fait empoisonner Skripal ?

1 avril, 2018

Gaza: des Hébreux tuent des Hébreux. Quel rapport avec Boulogne-sur-Mer ?

Classé dans : histoire,international,politique,religion — dompaul @ 17:32

L’Etat d’ Israël est en guerre depuis sa création il  y a soixante-dix-ans et  comme il l’avait toujours été jusqu’à sa seconde destruction par Titus en l’an soixante-dix, il y a mille neuf cent quarante huit ans.

Actuellement, les deux millions d’habitants de Gaza, enfermés derrière un rideau de fer dans un quadrilatère de la surface du Boulonnais, n’ont plus qu’un accès de plus en plus restreint à l’eau, à la nourriture et à l’énergie. Il sont même empêchés d’exploiter le gisement gazier qui se trouve dans leurs eaux territoriales par la marine de guerre israélienne.

Nombre des élus du  Hamas, qui gouvernent cette grande prison autogérée, ont une formation culturelle et économique aussi limitée que celle d’un collégien issu d’un établissement du fameux 93.

Depuis quelques jours, ils n’ont rien trouvé de mieux pour faire appel à la conscience universelle que d’envoyer des femmes et des enfants se précipiter en masse vers le rideau de fer pour essayer de le cisailler et d’envahir le territoire israélien.

Evidemment, le gouvernement israélien, contrairement aux gouvernements européens, refuse cette invasion de miséreux pleins de haine destructrice sur son territoire. Il fait donc tirer dans le tas. Comme la plupart des soldats israéliens ont une culture européenne ou américaine compassionnelle, ils tirent dans les jambes des envahisseurs au lieu de leur tirer dans la tête.

Au lieu de régler le problème,ils permettent à la propagande du Hamas de mettre en valeur ses milliers de blessés prêts à revenir à l’assaut au lieu d’enterrer des morts dont la « conscience universelle » a oublié l’existence quelques jours après.
Qui se souvient en effet des civils du Sinaï que les cavaliers blindés de Tsahal tuaient préventivement en passant, au cas où ils auraient été armés, en 1967, sur ordre de Golda Meir ?

Le Hamas, ou plutôt les dirigeants du Hamas qui, évidemment, ne vont pas en première ligne donner l’assaut à mains nues avec les autres, ont annoncé qu’ils allaient faire durer cette tuerie en envoyant des « volontaires » pendant encore trois semaines en espérant que la bonne conscience américaine va intervenir en leur faveur à l’ONU, cette organisation que De Gaulle qualifiait de « ce machin ».

Mais le plus intéressant dans l’affaire apparaît dans les analyses du génome humain des deux groupes antagonistes qui se font face. Depuis les années 1980, des chercheurs américains et israéliens ont effectué de nombreuses analyses de l’ADN des Juifs du monde entier, certains voulant prouver qu’ils appartenaient au même haplogroupe. Ils ont ainsi découvert que les cinq cents Samaritains résiduels et consanguins, pourtant rejetés par les Juifs depuis deux mille cinq cent sept ans, possédaient le même ADN Y que la majorité d’entre eux et faisaient donc partie des Hébreux.

Il en est de même des Gazéens, dans la mesure où, jusqu’aux années 1960, le monde n’avait jamais connu de migrations de populations très allogènes aussi importantes qu’aujourd’hui, sauf peut-être à l’époque de Gengis Khan.

C’est ainsi qu’en ce moment, on assiste chaque jour au massacre quotidien d’Hébreux qui vénèrent majoritairement  Allah par d’autres Hébreux qui vénèrent majoritairement Yahweh. Qui peut du reste distinguer un Gazéen d’un Israélien si tous les deux portent la même kippa ou le même keffieh ?

Pendant ce temps-là, à Boulogne-sur-Mer, se prépare à être jouée dans la salle de spectacle d’un grand lycée catholique, une pièce de théâtre sur un sujet inusable: l’histoire d’une jeune juive néerlandaise -une autre Anne Franck – déportée vers un camp de concentration il y a soixante-seize ans.

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