28 mai, 2015

L’Etat islamique DAESH الدولة الإسلامية se rapproche d’Audresselles

Classé dans : histoire,religion,socialistes,Syrie — dompaul @ 12:27

Saint-Louis cassé-27-avril-2015-

Les agents de l’Etat islamique en France (الدولة الإسلامية), qui massacre sans discontinuer Chrétiens, Yézidis, Chiites et autres mécréants, ont vu dans Saint-Louis un modèle que les Français ne doivent plus avoir l’idée d’imiter.

A défaut de le trucider, ils s’en sont pris à sa statue en terre cuite dans l’église de Poissy.
Et Poissy, c’est seulement à deux cents kilomètres d’Audresselles et non plus en Syrie ou en Irak.

Donc, le front de la guerre  se rapproche mais comme les guides du troupeau qu’on appelle les Français, tétanisés par la peur, ne veulent pas voir la réalité, on suggère que l’attentat contre la statue de Saint-Louis est l’oeuvre d’un déséquilibré, donc à distinguer de Daesh, qui serait dirigé par des gens très-équilibrés et pas fous du tout qui eux, cassent carrément toutes les statues des musées où ils pénètrent.

Poissy, c’est en effet l’endroit où est né le roi de France Louis IX, dit Saint-Louis (1214-1270), organisateur de deux croisades.

C’est donc une chance que l’église de Poissy n’ait pas brûlé comme l’ église de Saint-Martin le Beau.

Nota: Moins de trente ans après la mort de Louis IX, le Pape Boniface VIII a cru bon, pour se faire bien voir du roi de France Philippe IV le Bel, de canoniser son grand-père qui est devenu ainsi Saint-Louis. Ce qui n’a pas empêché qu’à Agnani, six ans plus tard, Guillaume de Nogaret vienne mettre son poing dans la figure de ce saint-père-là de la part de son maître Philippe Le Bel. Comme quoi la lâcheté est mal récompensée.

C’est de Saint-Louis que se réclame aussi l’un des actuels prétendants au trône de France, le duc d’Anjou, bien que lui-même descende de Mahomet par son père et soit en même temps d’origine marrane par son grand-père maternel, le caudillo Francisco Franco, dont l’ancêtre homonyme a été brûlé vif au XVIe siècle par l’inquisition, en tant que juif récalcitrant.

1 avril, 2015

Bachar Al Assad: les Français passent pour des …

Classé dans : histoire,international,politique,socialistes,Syrie — dompaul @ 10:33

Ça y est, après la principale chaîne de télévision portugaise, des chaînes de télévision américaine (CBS, TV Bloomberg canal 1443, notamment le 31 mars) ont commencé à passer de longues interviews de Bachar al Assad qui parle anglais couramment puisqu’il a été ophtalmologiste à Londres, mais avec un accent et des expressions françaises. Il y est encouragé à justifier sa politique par le journaliste qui l’interroge de façon à le rendre sympathique.

Le docteur Bachar al Assad y apparaît comme lucide, logique, rationnel, compatissant avec les victimes et prêt a composer avec les bonnes volontés, même ses opposants, pour rétablir la paix dans son pays.
Il décrit exactement quelle est la nature de ses relations avec l’Iran, les Etats-Unis et la Russie, définissant les Européens comme les fidèles exécutants de la politique décidée à Washington.

Mais il a un défaut pour les décideurs d’opinion  français: avec sa voix douce et le visage caractéristique d’un « brave type » européen (aujourd’hui, la mode est de dire « Caucasien », à cause de la découverte du crâne de Coppens), il n’a rien à voir avec Saddam Hussein et le genre moustachu mal éduqué en treillis, roulant des gros yeux sous des sourcils broussailleux. Au contraire, Bachar représente exactement le genre du médecin de famille digne et compréhensif qui ne dit jamais rien de déplaisant et a sauvé la vie du petit dernier atteint pourtant d’une méningite foudroyante.

Il est donc véritablement le contraire de l’image du « boucher », expression utilisée récemment par François Hollande pour le désigner. Pas mieux que lui, les caciques de l’UMP n’ont  compris que les quatre députés qui se sont rendus en Syrie rencontrer Bachar, avaient mieux appréhendé qu’eux  la suite des événements (voir: Syrie: Quatre héros de la Résistance française: Gérard Bapt, Jacques Myard, Jean-Pierre Val et François Zocchetto).

Le gouvernement français, une fois de plus, a manqué le changement de ligne de métro et continue dans la même direction, qui n’est plus la bonne puisque l’administration d’Obama est en train d’entamer une négociation générale avec l’Iran et ses alliés pour éviter à tout prix que l’approvisionnement en pétrole et en matières premières ne soit bloqué par un conflit irano-saoudien à la sortie du golfe persique (détroit d’Ormuz) et de la mer rouge (détroit de Bab el Mandeb).

Attendons-nous donc bientôt à voir sur les écrans français des interviews pleines de complaisance  de Bachar Al Assad, devenu le bon docteur, une espèce de docteur Schweitzer moderne.

15 mars, 2015

TROISIEME MILLENAIRE: le retour de la guerre globale

Nota: Dans le chapitre précédent (La France et les Mahométans jusqu’en 1830) , repris d’un texte du baron Renaud de S., il apparaissait clairement que la disparition du concept même de frontières à l’intérieur de l’empire romain avait permis les invasions répétées de Barbares lorsque la frontière de l’empire (le limes), avait été enfoncée.

Dans le dernier tiers du premier millénaire, l’invasion des Mahométans différait de celles des Goths, des Huns ou des Scandinaves (les vikings) dans la mesure où ils étaient porteurs d’une religion monothéïste  totalitaire et égalitariste mélangeant  judaïsme primitif et hérésies chrétiennes, et fondée sur le pillage, la déportation et la mutilation des populations conquises et asservies à la manière des habitants du désert.
Il s’agissait d’une guerre globale sans frontières menée à l’origine par quelques chameliers fanatisés par l’appétit de conquête sur le reste divisé du monde (empire byzantin, empire perse, royaume Wisigoth, empire franc etc.) et qui avaient entraîné dans leur sillage non seulement les laissés pour compte sans ressources qui voyaient en eux leurs libérateurs mais aussi  les  nobles opportunistes qui avaient su retourner leur casaque pour conserver leur place.

C’est ainsi que le gouverneur Longinus Cassius, en Espagne, après avoir servi les Wisigoths, est devenu l’émir Moussa Cassio en épousant l’une des descendantes de Mahomet. Il est l’un des ancêtres de Blanche de Castille, aïeule des rois de France.

Qu’en est-il aujourd’hui avec la refondation du Khalifat qui, s’il s’étend jusqu’au Pakistan, sera en possession de l’arme nucléaire ?

La hiérarchie catholique, désormais obligée de donner un réponse aux attentes de leurs fidèles, reste divisée, mais un évêque s’est engagé dans ce sens et analyse la situation des Chrétiens dans le monde actuel.

Conférence de Carême de Mgr Luc Ravel, évêque aux armées, du 9 mars 2015, en la chapelle Notre Dame du Bon Secours :

« Une nouvelle guerre de religion ?

Quel drôle de titre pour une conférence de carême !

Je ne suis ni sociologue, ni politologue, ni polémologue. La conférence de carême de ce soir participe néanmoins totalement de ma mission d’évêque. Un évêque ne parle pas que de Dieu et de l’Eglise mais aussi du monde.

Le concile Vatican II l’explique très clairement et donne la méthode pour comprendre le monde : « Pour mener à bien cette tâche, l’Eglise a le devoir, à tout moment, de scruter les signes des temps et de les interpréter à la lumière de l’Evangile, de telle sorte qu’elle puisse répondre, d’une manière adaptée à chaque génération, aux questions éternelles des hommes sur le sens de la vie présente et future et sur leurs relations réciproques. » (Gaudium et Spes, 4) Un peu plus loin, il ajoute : « … La foi, en effet, éclaire toutes choses d’une lumière nouvelle et nous fait connaître la volonté divine sur la vocation intégrale de l’homme, orientant ainsi l’esprit vers des solutions pleinement humaines. » (Gaudium et Spes, 11)

La conférence de ce soir voudrait nous aider à remplir cette mission de l’Eglise aujourd’hui en France : scruter puis interpréter en vue de répondre aux questions éternelles de l’homme par des solutions pleinement humaines.

1. Scruter : une nouvelle guerre de religion

Observons attentivement le monde pour ne pas nous emballer sur des tigres de papiers ou des sous-évaluations d’événements pourtant considérables. Or, non seulement le monde est compliqué mais on redouble sa complexité par un langage déraisonnablement incorrect. Ainsi on nous retient de parler d’ « Islamisme » au motif que nous ferions des amalgames. Le français, jugé incapable de réfléchir par lui-même, ne serait-il plus capable que de faire des distinctions évidentes ! C’est irritant pour notre amour-propre. Mais ce qui est outrageant pour la raison, c’est que le discours, dans le même temps, nous explique que la laïcité est menacée. L’homme que je suis s’interroge : pourquoi la laïcité est-elle menacée si aucune religion n’est impliquée dans les attentats ?

Regardons les faits, examinons-les de près en toute objectivité.

Au cours de ces cinq dernières années, dans le monde s’allument des foyers nouveaux de guerres nouvelles. Les révolutions arabes, la persécution des chrétiens en Inde ou au Sri Lanka, les horreurs de Boko Haram au Nigéria, la guerre sans nom de Daesh en Irak et en Syrie et tant d’autres brasiers de violence et d’horreurs comportent tous une question religieuse à un titre ou à un autre. La religion fait systématiquement son apparition comme cause explicite de ces nouvelles guerres. Subitement des millions de chrétiens découvrent qu’ils ne peuvent pas être indiens s’ils ne sont pas hindous. Des millions de coptes découvrent qu’ils ne sont pas de vrais égyptiens parce qu’ils sont chrétiens etc. La liste est longue : le Vatican connaît aujourd’hui 139 pays où les chrétiens subissent des persécutions ! Comme l’écrit Timothy Radcliffe dans « Le livre noir de la condition des chrétiens dans le monde » : « La religion fait un retour spectaculaire au centre de la scène qu’aucun politicien ne peut plus se permettre d’ignorer. » (p. 809)

Une nouvelle guerre de religion se déplie autour de nous et chez nous.

C’est une guerre parce que ses buts sont politiques : si les motivations sont religieuses et si les moyens sont terroristes, les buts sont politiques. Que nous le voulions ou pas, c’est bien une guerre car ce qui est visé n’est peut être pas immédiatement l’occupation d’une terre mais certainement la déstabilisation ou la réorganisation de la Cité. Il ne s’agit pas d’un terrorisme de gang aux visées financières mais d’un terrorisme à buts politiques : certains hommes, groupes ou Etats veulent s’assurer que leur religion dicte intégralement la forme de la société, la forme de vie personnelle ou sociale, vestimentaire ou sociétale, économique et politique. C’est le caractère totalitaire d’une religion qui investit aujourd’hui le champ de la guerre à titre de source première et de but ultime. Par totalitaire, j’entends un mouvement, au final politique, s’imposant contre la responsabilité humaine. Il veut l’attaquer puis la submerger par l’infantilisation, par la force ou par la séduction. Nous prêchons, nous chrétiens, une religion « totalisante », ce n’est pas du tout la même chose : dans le respect et dans le salut de la liberté responsable de chacun, elle investit tout l’homme par des vertus qui ne se juxtaposent pas aux autres vertus humaines mais qui les soulèvent et les complètent : la foi, l’espérance et la charité.

Cette guerre est partiellement nouvelle par les moyens mis en œuvre. C’est une lutte essentiellement conduite par le terrorisme : si les motivations sont explicitement religieuses, les moyens sont efficacement terroristes. Le terrorisme se définit par les moyens utilisés : tuer directement des innocents pour faire peur, privilégier les cibles non combattantes mais significatives etc. Mais ces moyens ne sont ni exclusifs ni vraiment nouveaux: Daesh combine ce terrorisme avec des moyens tactiques plus classiques en Irak et en Syrie (chars, conquêtes etc.). Et le terrorisme n’a pas attendu la religion pour noircir nos sociétés : IRA en Irlande, ETA en pays basque etc.

Cette guerre est vraiment nouvelle par son aspect transnational ou globalisé.

Non pas mondial, comme nous l’avons vécu deux fois en trente ans lors de 14-18 puis 39-45. Non pas international comme un ensemble de nations contre une nation ou contre une force de déstabilisation. Pensons à nos interventions sous casques bleus au nom de l’ONU dans les Balkans. Mais un conflit qui se moque des frontières. Le nouveau rapport de force s’établit de façon transnationale : avant-hier au Canada ou aux Etats unis, hier à Paris, aujourd’hui à Copenhague… A peu près tous les continents ont été touchés ou sont susceptibles de l’être par l’Islamisme : Océanie avec l’Australie, Afrique, Amérique (le 11 septembre 2001), Europe et bien entendu Asie avec le Pakistan etc. A regarder les points touchés, il en ressortirait une impression de « désordre » si on les analyse avec la grille habituelle, celle de conquêtes territoriales. En réalité, cette guerre se fiche du terrain : elle peut même frapper « chez elle » broyant les populations mêmes où ces leaders vivent et naissent (Pakistan, Afghanistan par exemple).

Nous gagnerions à nommer cette guerre « guerre globalisée », de ce nom qui fait froid dans le dos, « la globalisation ». La globalisation, c’est à dire la marche triomphale, accélérée par le numérique (Internet), d’une économie à taille terrestre, d’une promotion scientifique et technologique à l’échelle mondiale, mais surtout d’une uniformisation de la pensée par la diffusion universelle des mêmes codes mentaux. Cette globalisation me paraît être le terrain propice pour cette guerre naissante. Il ne s’agit pas ici de thèse altermondialiste ou écologique encore moins nationaliste. Il s’agit de prendre conscience de cet effritement des frontières, politiques ou mentales qui autorise toutes les circulations : des biens, des maux et des idées.

Mais cette lutte est surtout nouvelle par l’implication explicite de la religion qui la fait naître et qui l’achève. La religion, qu’on le veuille ou non, est mêlée à cette violence armée parce qu’elle est nommément la motivation de ces guerres. Là réside la vraie nouveauté de ce qui nous advient. Et la méconnaissance volontaire de la vie religieuse par nos élites rend sa perception difficile. Et il va de soi que l’on combat mal l’ennemi qu’on a mal identifié.

On a parlé de « choc de civilisations » : avec raison, beaucoup s’opposent à cette expression. En réalité, les civilisations ne sont pas impliquées comme telles : la preuve en est que cette « guerre de religion » s’étend sans merci à des hommes de même civilisation, de même race ou de même langue (arabe par exemple ou indienne). La destruction d’œuvres d’art de civilisations disparues en Afghanistan ou en Irak montre clairement que la lutte est avant tout idéologiquement religieuse et religieusement idéologique. Ce n’est donc pas un choc de civilisations mais une nouvelle guerre de religion. Ce qui a pu laisser croire à un « choc des civilisations » tient à ce qu’il y a un choc idéologique inouï, nous l’analyserons dans la deuxième partie, un affrontement non pas entre l’Occident et l’Islam mais entre deux idéologies, l’une islamiste, religieusement dévoyée et l’autre laïciste, occidentalement détournée. Il se fait que la première est née en Islam et que la seconde provient de l’Occident.

La guerre de religion que nous nommons ne se revendique pas comme visant d’autres religions en tant que telles. Il ne s’agit pas d’un affrontement de dogmes. En ce sens, ce n’est pas une guerre des religions entre elles comme si l’une s’opposait symétriquement à l’autre. Ici, des croyants d’autres religions ou des croyants de la même religion sont visés non à cause de leur dogme mais à cause de leur existence même. Leur existence de citoyen contredit la religion des agresseurs. Ces nationalismes religieux d’un genre nouveau trient la population en fonction de leur religion, gardent ceux qui en sont dignes et éliminent les autres : derrière la prétendue sauvegarde d’une culture, se met en œuvre des racismes religieux. Ces racismes s’exercent aussi entre croyants: l’islamisme a fait plus de victimes musulmanes qu’occidentales (par exemple en Afghanistan).

Dans tous ces cas, il y a une constante : la juste relation entre le politique et le religieux est attaquée. Sur ce point nous sommes d’accord avec les discours ambiants : la laïcité est en péril dans cette guerre nouvelle à flambée religieuse.

2. Interpréter : un conflit entre deux idéologies

L’établissement des faits ne suffit pas : il nous faut aussi les interpréter, essayer d’en voir les tenants et les aboutissants à la lumière de la foi. L’apparition de cette nouvelle guerre ne serait-elle qu’une naissance spontanée ou, au contraire, ne serait-elle pas née comme opposition (terrible) à une idéologie pernicieuse contre laquelle elle se dresserait ? Il s’agit maintenant non plus de décrire mais de voir quelles forces invisibles traversent la réalité scrutée…

Comme dans toute guerre, on doit chercher les deux camps. Dans toute guerre, il y a au moins deux camps. Ou, pour le dire autrement, deux champs de force traversent cette lutte et va la rendre de plus en plus vive. Qui affrontent qui ? Nous l’avons dit plus haut, deux idéologies s’affrontent dont l’une est souvent assimilée à l’Occident et l’autre à l’Islam. Cette vision est courte. Donc fausse.

Regardons les choses plutôt à partir de l’évangile selon saint Mattieu au chapitre 8. A ce moment-là de l’histoire de Jésus, il a autour de lui ses premiers disciples mais aussi ses adversaires, encore masqués mais déjà agissants dans l’ombre. La situation est grave. Il décide alors de changer de rive au bord du lac de Galilée. Jésus souhaite ainsi se mettre au calme pour analyser la situation avec ses disciples : il cherche à leur donner une interprétation évangélique des faits. Or que se passe-t-il ?

« Les disciples avaient oublié de prendre des pains et ils n’avaient qu’un pain avec eux dans la barque. Or Jésus leur faisait cette recommandation : « Ouvrez l’œil et gardez-vous du levain des Pharisiens et du levain d’Hérode ! » Et eux, de faire entre eux cette réflexion, qu’ils n’ont pas de pain. » (Mt 8, 14 à 16)

Une remarque d’abord. Obsédés par leur mauvaise préparation logistique, les disciples n’écoutent plus le Christ. L’effet de ce passage est saisissant : obnubilés par leur faim future, les hommes ne prennent pas au sérieux ceux qui tentent de leur décrire les vraies forces qui traversent aujourd’hui leur société et qui conduiront à la catastrophe si on les laisse agir ! Et nous en sommes là en France : nous mangeons à notre faim mais les préoccupations de l’immédiat nous interdisent d’écouter au-delà des promesses d’un « point de croissance » économique. Or écouter le Christ n’était pas si compliqué que cela dès que nous nous intéressons au présent. Le Christ veut qu’ils écoutent sa lecture du monde au présent en laissant le souci du lendemain.

Que dit-il ? En face de l’homme et agissantes contre lui, il y a deux forces nommées « levain » car elles agissent de façon cachée et intérieure : la force du religieux durci, les Pharisiens, et la force du politique raidi, Hérode. Entrons maintenant en matière. Déclinons cette analyse dans ces temps qui sont les nôtres. Qui sont les pharisiens d’aujourd’hui ? Qui est Hérode aujourd’hui ? Quels sont les adversaires en présence ?

Je complète dès maintenant la thèse énoncée plus haut :

a. Des idéologies traversent le monde global.

Ne pensons pas à des pays qui se combattent. Ni même à des factions qui s’opposeraient pour des religions ou des cultures. Les deux adversaires qui s’affrontent sur notre sol et de partout dans le monde s’incarnent dans des hommes voire des clans, c’est certain : il y a bien des frères Quouachi, des réseaux al Quaïda. Mais en réalité, en eux, derrière eux, œuvrent des esprits mauvais, purs esprits séparés des réalités et de l’expérience ; ce sont des idéologies malignes toutes les deux, entre lesquelles nous nous situons.

Dans la Bible, ces idéologies et leur mode de transformation du monde par influence secrète sont nommés « levain ». « Ouvrez l’œil et gardez-vous du levain des Pharisiens et du levain d’Hérode ! » (Mc 8, 15) prévient Jésus.

Par idéologie, j’entends bien désigner une façon de penser qui induit une manière d’agir déconnectée de l’expérience et de l’histoire. Elle naît hors de la réalité et elle veut faire rentrer cette réalité dans ses cadres préconstruits. C’est en quoi elle est terrifiante : le bon sens lui est totalement étranger et quand la réalité la dérange, elle la change. Ainsi cette propension qu’a l’idéologie de transformer l’histoire, lieu privilégié de la propagande, et de ne jamais regarder la réalité en face. Il n’y a pas d’honnêteté dans l’idéologie. Voilà le fond du problème : elle nie les faits quand ils ne rentrent pas dans ses cases. Elle coupe les têtes ; elle déteste les hommes de terrain qui osent dire ce qu’ils voient et ce qu’ils sentent et ce qu’ils vivent.

Comme un levain travaille et transforme de l’intérieur, de façon cachée, l’idéologie ne suppose pas nécessairement au départ une force politique. Elle n’a pas besoin de forces étatiques. C’est d’abord une force s’exerçant sur les esprits. Voilà pourquoi la violence qu’elle génère pour gagner les esprits prend la forme du terrorisme. Terrorisme de la poudre ou terrorisme de la pensée. Sous le régime soviétique, les deux formes étaient utilisées avec un grand bonheur. Pourquoi le terrorisme ? Parce que l’idéologie vise à plier les esprits par influence. Par exemple, rien n’est aussi contagieux que la peur. L’idéologie veut gagner les esprits par la peur. La peur corrode les cœurs ; la terreur tue quelques personnes certes, mais l’important est ailleurs : l’important ce sont les millions de vivants non pas touchés par les balles mais couchés par la peur. La peur inhibe l’intelligence ; la peur déstabilise nos raisons et nos confiances. La peur déséquilibre l’homme et le soumet mieux que la violence corporelle.

Par peur nous devenons capable de faire n’importe quoi. De renoncer à notre dignité d’homme.

b. Le premier camp : l’idéologie religieuse ou le levain des pharisiens.

Le Christ nomme ce camp : le levain des pharisiens. Les pharisiens représentent en son temps, les hommes d’une religion durcie. C’est bien ainsi que les évangiles nous les montrent. Applicateurs rigoureux d’une loi détachée du bon sens, ils ne craignent pas de manquer à l’humanité simple de leur prochain. Au nom de Dieu, ils négligent leurs propres pères et tueront un innocent. Au premier siècle, les zélotes et les sicaires représentent la frange politique armée de ce durcissement. Mais la partie strictement religieuse n’est pas moins corrosive.

Cette première idéologie saute aux yeux immédiatement parce qu’elle s’exprime par une violence meurtrière. Il s’agit du terrorisme à revendication religieuse, chez nous un islamisme. En Inde, l’hindouisme fournit la matrice d’une éradication de toutes autres formes religieuses sur la terre indienne.

Le levain des pharisiens, c’est l’idéologie des purs et des durs, d’abord critiques puis sectaires enfin meurtriers. La volonté d’éradiquer les « méchants » au nom de Dieu avec les moyens du politique. Seuls les « bons » doivent survivre. Les autres on les tue ou on les expulse.

C’est l’idéologie de la caricature de Dieu au mépris de l’homme.

Derrière les meurtres au nom de Dieu se cache toujours la jalousie de Caïn : en fait, Caïn veut plaire à Dieu et n’y arrive pas car son cœur est trouble. Et sa colère contre un Dieu qui lui apparaît comme un juge inique, il la retourne contre son frère. En se méprenant sur Dieu, il tue son frère. La violence fuse en face de Dieu mais elle déborde sur l’homme. A la base, il y a donc la colère, la colère devant le sentiment d’une injustice, la grande colère qui tourne à la haine. Et la haine pousse au meurtre. Et le meurtre à la guerre.

L’esprit de Caïn est troublé par la colère et le meurtre. Quand Dieu l’interroge sur son frère, il répond : « suis-je le gardien de mon frère ? » Est-il frère ou gardien de son frère ? Pour lui, il ne pense même plus à être simplement le frère de son frère… C’est la religion de la colère contre Dieu qui s’achève en assassinat du frère.

c. Le deuxième camp : l’idéologie laïciste ou le levain d’Hérode.

Cette religion de la laïcité (car elle se définit elle-même ainsi) s’exerce rarement chez nous par des violences physiques ou des actes terroristes. Pour autant la manipulation des medias, le détournement des vertus éducatives, les relégations arbitraires sont ses armes habituelles. Hérode en est le symbole. Hérode, roi de Galilée, le politique que nous connaissons par l’Evangile, fait couper la tête à Jean-Baptiste à cause d’une promesse faite dans l’ivresse du plaisir.

Le récit de saint Marc au chapitre 6 est très clair :

« Car c’était lui, Hérode, qui avait donné l’ordre d’arrêter Jean et de l’enchaîner dans la prison, à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe, que lui-même avait prise pour épouse. En effet, Jean lui disait : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère. » Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mourir. Mais elle n’y arrivait pas parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c’était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ; cependant il l’écoutait avec plaisir.

Or, une occasion favorable se présenta quand, le jour de son anniversaire, Hérode fit un dîner pour ses dignitaires, pour les chefs de l’armée et pour les notables de la Galilée. La fille d’Hérodiade fit son entrée et dansa. Elle plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : « Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai. » Et il lui fit ce serment : « Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c’est la moitié de mon royaume. » Elle sortit alors pour dire à sa mère : « Qu’est-ce que je vais demander ? » Hérodiade répondit : « La tête de Jean, celui qui baptise. » Aussitôt la jeune fille s’empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande : « Je veux que, tout de suite, tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste. » Le roi fut vivement attristé contrarié ; mais à cause du serment et des convives, il ne voulut pas lui opposer un refus. Aussitôt il envoya un garde avec l’ordre d’apporter la tête de Jean. Le garde s’en alla décapiter Jean dans la prison.»

Il s’agit bien d’une forme d’athéisme pratique qui se sent menacée dans sa renonciation à l’éthique. Un athéisme pratique qui joue son va-tout contre la morale et la religion représentée par Jean. Il est intéressant de noter que la problématique du mariage est au cœur de la réaction d’Hérode. De façon ramassée, cette scène évangélique dit tout de cette terrible posture idéologique : contre son sentiment, Hérode exécute Jean à cause d’un mécanisme qui promeut un humanisme caricatural. Même la fidélité à sa promesse est une imposture : elle tient de la logique du drogué ou de l’ivrogne : comment pourrait-il donner la moitié de son Royaume ?

Il s’agit bien d’un athéisme : Dieu est éliminé de toute conscience et réalisation publiques. Peu lui importe que Dieu subsiste dans quelque recoin individuel pourvu qu’il n’imprime aucune marque à l’action visible dans la rue, dans le métier, dans la vie civile… Hérode se moque de Dieu comme ce juge inique dont parle Jésus dans la parabole de la veuve importune : « J’ai beau ne pas craindre Dieu et n’avoir de considération pour personne… » (Luc 18, 4). Mais c’est un athéisme qui ne se dit pas et qui avance sous couvert de progrès alors qu’il n’est qu’une religion parmi les autres, la religion de la laïcité.

Ainsi l’Evangile éclaire cette guerre. Il s’agit bien d’une guerre de religion, entre deux idéologies religieuses : à l’idéologie religieuse de la caricature de Dieu au mépris de l’homme s’oppose l’idéologie religieuse de la caricature de l’homme au mépris de Dieu.

L’affrontement n’est donc pas entre chrétiens et musulmans ou entre bouddhistes et musulmans : mais entre une conception politique de la religion et une conception religieuse de la politique. Toutes les deux contredisent la belle et bonne laïcité, héritée de 20 siècles de christianisme, dégradée en laïcisme, érigée en religion ou niée par elle. Le mot laïcité répété comme un mantra ne dit plus une juste relation entre le politique et le religieux mais il désigne un rapport d’exclusion de tout religieux ou de tout politique. Pouvons-nous répondre à tout cela ?

3. Répondre : l’incarnation de Dieu

Et nous que devons-nous faire ? Il nous faudra peut-être prendre les armes si telle est notre mission. Mais soldats, citoyens, mères de famille, nous avons tous une autre lutte à conduire autre que la lutte politique, militaire ou sécuritaire qui traitent les symptômes mais pas les causes.

Il y a urgence : les juifs et les chrétiens sont et seront les premières victimes de ce terrible affrontement des deux idéologies. Pour une raison très simple : les deux camps assimilent les chrétiens à l’autre camp, aux ennemis à abattre. Mais, dans le même temps, les chrétiens se savent porteurs d’une étonnante bonne nouvelle, de la réponse adéquate à ces questions terrifiantes.

Que dire ? Que faire ? Quatre leçons pour notre Carême.

a. Refuser toute idéologie.

Ne tombons pas dans le panneau des idéologies désignées plus haut. Ne nous laissons pas prendre par une idéologie quelque proche de notre pensée soit-elle. Nos esprits aussi peuvent être brouillés car nous respirons l’air de notre temps. « Purifiez-vous du vieux levain pour être une pâte nouvelle puisque vous êtes des azymes… Célébrons la fête non pas avec du vieux levain, ni un levain de malice et de méchanceté, mais avec des azymes de pureté et de vérité. » (1 Cor 5, 7-8) Précisons notre appartenance et nos solidarités humaines : une chose d’être et de se dire solidaire d’une nation, autre chose d’en partager tous les poisons. J’aime la France et je suis prêt à mourir pour elle. Pour autant je ne suis pas obligé d’adhérer à tous les vents empoisonnés qui la traversent. Saint Paul oppose même le levain de malice à l’azyme de pureté et de vérité. Il y a là une belle leçon : d’une façon générale et universelle, l’homme n’a pas à suivre une idéologie mais il doit s’attacher à la vérité fruit de l’expérience et de la raison. La foi n’est pas une idéologie parce qu’elle se trouve confirmée par la raison de l’homme et l’expérience de Dieu.

b. L’incarnation du Christ : une humanité concrète.

Pour résister à l’idéologie, rien de tel que l’enseignement du Christ : la vérité du Christ offre la vraie réponse à ce monde pénétré de guerres. Par son incarnation, il nous presse d’aller à l’homme concret, individuel et de ne jamais servir l’Humanité en général. Le bon sens de l’amour du prochain s’incarne dans la bonté. Or la bonté ne recherche pas à faire le bien en général ; elle regarde très précisément tel homme concret dont elle porte la blessure avec lui. Jésus parle de l’amour du prochain, celui dont on ignore la religion mais qui se trouve sur notre route. Tout le reste nous fait perdre notre temps. Etre bon avec l’homme avec qui nous partageons le chemin.

c. Tenir ensemble l’homme et Dieu

Vrai Dieu et vrai homme, le Christ valide la possibilité réelle de ne pas faire le choix entre l’homme et Dieu. Ni Dieu sans l’homme concret, ni l’homme sans Dieu transcendant. L’Esprit du Christ nous force à tenir ensemble deux réalités qui ne sont pas deux idées : l’homme et Dieu.

La connaissance et l’annonce du vrai Dieu coïncident avec la conna issance et la reconnaissance de l’homme. C’est un même mouvement, un même combat, une même confiance. Nous n’avons pas à choisir entre Dieu et l’homme, comme on cherche à nous le faire croire de tous bords. Nous n’avons pas à choisir Dieu aux dépends de l’homme. Ou choisir l’homme aux dépends de Dieu. Notre religion chrétienne nous propose les deux en même temps : le camp de Dieu, c’est aussi celui de l’homme. On ne paie pas sa foi en Dieu de la mort de l’homme. On ne paie pas sa foi en l’homme de la mort de Dieu. Toutes ces oppositions sont factices, récentes (nées au XIX siècle) et lorsqu’elles tournent à la caricature, elles deviennent féroces, terribles, mortifères.

d. Le choix du chrétien : entre la vie et la mort

Pour autant, il y a bien un choix à faire. Car il y a dans la Bible comme dans nos vies une autre alternative, un autre choix que celui que voudraient nous imposer les idéologies antagonistes. L’alternative est la suivante : « Choisis la vie ou la mort. Choisis l’amour ou la haine. Choisis le bien ou le mal. » Là est pour nous aujourd’hui, au cœur de la tourmente qui naît sous nos yeux, le vrai choix.

Dt 30, 15 à 20 : « Vois ! Je mets aujourd’hui devant toi ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur. … Je prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa voix, en vous attachant à lui. »

Cf. Ps 33 ;

Les idéologies résistent aux idéologies. Mais elles succombent devant la vraie foi, science de la vie et de la vie éternelle. Entrons de plain-pied dans ce choix pour la vie et nous serons les pourfendeurs silencieux mais efficaces de cette guerre nouvelle de religion. »

8 mars, 2015

Les Chrétiens entre les terroristes de la bombe et ceux de la pensée

Classé dans : international,politique,religion,socialistes,Syrie — dompaul @ 19:42

 

Mgr Luc Ravel, évêque aux Armées, écrit dans la revue diocésaine de février 2015 quelques réflexions après les attentats :

Où est l’ Adversaire ?

« La guerre. Son nom est aujourd’hui prononcé. Mettre un mot sur la réalité est gagnant. Mais de quelle guerre s’agit-il ? Dans toute guerre, la tendance facile consiste à se mettre dans le camp du bien contre des ennemis empêtrés dans celui du mal. Ainsi nous plaçons-nous dans le camp de la liberté contre l’islamisme obscurantiste. Mais concrètement est-ce aussi simple? En luttant contre le terrorisme à revendication religieuse, en face des islamistes, sommes-nous pour autant dans le camp du bien tout pur ? Ne risquons-nous pas d’être aspirés dans une spirale libertaire et suicidaire avec qui nous partageons le même combat, contre le terrorisme, mais pas nécessairement les mêmes certitudes ? Dans la Résistance, il y avait de nombreux communistes. Pour autant, devions-nous adhérer à l’idéologie communiste en résistant contre le nazisme ? Nous y sommes.

Voilà que, dans la guerre naissante, la peur nous saisit d’être pris à revers…

Le chrétien se sent jeté précipitamment dans la zone de no man’s land où s’échangent les tirs d’obus. Il rampe au milieu des mines et autres barbelés, entre deux tranchées adverses d’où pleut la mort. Sa place au cœur de la bataille se résume alors à aller chercher les blessés pesant sur la boue tandis que deux idéologies terribles, deux pensées de mort, deux camps inhumains s’affrontent au dessus de sa tête. Il sait qu’il en sera la première victime, dans la foulée de son Maître, l’Agneau de Dieu qui l’envoie comme une brebis au milieu des loups. Pris pour un ennemi par les deux côtés, il recevra la mort de l’innocent, Agneau de Dieu – ND de Paris brancardier du monde, titubant entre les corps, pour la dignité du mort et le salut du blessé.

Pris en tenaille entre deux idéologies

Voilà que, avec inquiétude, nous découvrons que notre guerre n’est pas simple ; qu’il nous faut choisir notre camp ; que nous nous armons contre le mal manifeste sans prendre position pour le mal sournois. Le chrétien se sent pris en tenaille entre deux idéologies. D’un côté, l’idéologie qui caricature Dieu au mépris de l’homme. De l’autre, l’idéologie qui manipule l’homme au mépris de Dieu.

D’un côté, des adversaires déclarés et reconnus : les terroristes de la bombe, vengeurs du prophète. De l’autre côté, des adversaires non déclarés mais bien connus : les terroristes de la pensée, prescripteurs de la laïcité, adorateurs de la République.

Dans quel camp se situer comme chrétien ? Nous ne voulons pas être pris en otage par des islamistes. Mais nous ne souhaitons pas être pris en otage par des bienpensants. L’idéologie islamique vient de faire 17 victimes en France. Mais l’idéologie de la bienpensance fait chaque année 200 000 victimes dans le sein de leur mère. L’IVG devenue droit fondamental est une arme de destruction massive. Alliés pour la France avec d’autres, nous devons faire front contre les attaques terroristes explicites. Mais, pour autant, nous ne devons pas cautionner les folies de l’euthanasie, du mariage pour tous et autres caricatures de Charlie-Hebdo. Que faire ?

L’histoire n’est pas neuve. Il s’agit de faire corps avec son pays, mais de refuser les idéologies qui le traversent. Etre russe, sans être soviétique, chinois sans être communiste, allemand sans être nazi. Les idéologies ne font que passer. Au regard de l’histoire, leur durée de vie est plus courte que leurs propagandistes ne le pensent.

Les prophètes ont donné la voie à suivre

Bien avant, les prophètes eurent la même attitude : tout en se rangeant du côté du peuple d’Israël, ils en dénonçaient les perversions. L’invasion des babyloniens n’empêche pas Jérémie de protester contre les idolâtries du peuple dont il partage la destinée. Né vers 650 avant J.C., Jérémie va connaître la période tragique de la ruine par morceaux du Royaume de Juda alors concentré autour de Jérusalem. En 587, Jérusalem est prise par les babyloniens, le Temple est incendié, la population déportée. Passionné par Juda, passionné par Dieu et pour son peuple, Jérémie fulmine aussi bien contre Juda que contre les nations païennes. La première partie du livre contient des menaces contre Juda et Israël (1, 1 à 25, 13), la deuxième partie contre les nations, les peuples adverses (25, 13 à 25, 38 et 46 à 51). Les autres passages sont essentiellement biographiques, Jérémie y révèle ses souffrances. Il fait corps avec son peuple : il souffre de tous ses membres de son infidélité mais il en reste solidaire jusqu’au bout.

A ce qu’il me semble, à ce point de mes réflexions, j’ose affirmer qu’épouser la cause de Dieu pour sauver l’homme ne signifie pas :

Refuser de servir son pays. S’éloigner des combats jugés fugaces pour l’éternel Royaume. Refuser la loi des corps et des esprits qui naissent et grandissent dans la lutte.

Mais je crois pouvoir dire qu’épouser la cause de Dieu pour sauver l’homme signifie :

Reconnaître toutes les idéologies, leur virulence, leur opposition (souvent l’une révèle l’autre). N’en suivre aucune : les dénoncer symétriquement et systématiquement. Ne pas en construire une autre, à mi-chemin entre les deux.

Se méfier des idées qui aliènent l’homme sous le couvert de croyances

Et pour cela, il y a une discipline à pratiquer :

Se méfier des idées, de toutes les idées surtout enveloppées de croyances, voire de christianisme. Les idées tuent, elles sont les idoles modernes auxquels on sacrifie l’homme libre.

Aller vers l’homme concret, individuel, de chair et d’os : tant d’idéologies humanistes organisent les génocides au nom de leurs principes. Que de morts au nom de la vie, que d’emprisonnements au nom de la liberté ! Ce chemin de l’homme concret conduit à Dieu.

Le chrétien n’est pas apatride : sur terre, il appartient à des communautés dont deux sont d’institution divine, la famille et la nation. Où en sont-elles ?

De cette discipline découlent trois missions concrètes, c’est le camp du chrétien et son action particulière dans la guerre :

Il va à l’homme individuel. Il va vers lui, en épousant ses joies et ses espoirs… tout ce qui le rapproche de cet homme blessé lui convient mais le partage de la même misère est le meilleur raccourci pour aller à l’autre.

Le Chrétien défend la famille

Il défend la famille. Car c’est la première communauté d’hommes et de femmes concrets qu’il rencontre et sans laquelle il finit par imploser dans sa solitude. Le pape François aux Philippines (16.01.2015) s’écrie : « Comme nous avons su dire non à la colonisation politique, nous devons dire non à toute forme de colonisation idéologique qui viserait à détruire la famille. »

Il prend part à la dynamique de son pays. Et s’il doit combattre dans les rangs de son armée, il le fait sans honte et sans retenue. Car se faisant, il ne prend pas la cause de telle ou telle idéologie semée dans sa nation ; les poilus de 14 ne prenaient pas fait et cause pour l’anticléricalisme régnant en se battant pour la France. Le catholique allemand devait être dans les rangs allemands et le catholique français dans les rangs français.

La cause de l’homme, le camp de Dieu s’incarne ainsi dans l’homme, la famille, la nation. A nous de nous intégrer à fond dans l’homme, la famille et la France.

Guerre compliquée, donc, parce que nous sommes courageux mais aussi lucides. Nous voulons défendre la France mais sans être pris en otage par une revue de misère. Nous voulons nous opposer au terrorisme islamique sans donner raison au terrorisme contre Dieu. Nous serons courageux avec les autres mais nous serons lucides pour les autres en questionnant.

Par exemple, à force de laïcité (agressive) n’avons-nous pas laissé le saint Nom de Dieu entre de bien mauvaises mains ? A force de le cacher dans un placard, n’avons-nous pas laissé le saint Nom de Dieu moisir en milieu de haine ? Certaines questions feront mal à nos élites, docteurs de la Loi, gardiens du Temple.

Demander l’intégration à la France mais pas à la caricature de la France

Comment aussi demander aujourd’hui à des musulmans droits et de bonne volonté de s’intégrer à une France qui leur est présentée comme une somme de valeurs libertaires, irréligieuses, amorales ? L’intégration en France ne doit pas présupposer l’assimilation à des valeurs déifiées et erronées. On peut, on doit demander l’intégration à la France mais pas à la caricature de la France. L’intégration, par ailleurs, fait peur à certains au motif que chacun doit rester avec sa culture, sa religion etc. On pourrait en rire en d’autres circonstances: en république laïque, l’intégration n’impose aucune religion ou changement de religion ! Et donc pourquoi revenir sans cesse sur cette conjugaison religion-intégration ? Intégration signifie faire corps ensemble, comme la main, le foie, le cœur ne s’intègrent au corps qu’en réunissant leur force pour la vie de la personne totale. Quand un soldat français musulman combat et meurt pour la France, lui a-t-on demandé de renoncer auparavant à sa culture et à sa religion ?

La position, je parle là en militaire, sera inconfortable. Mais avec la Grâce, elle ne sera pas intenable. Seul notre courage validera notre lucidité aux yeux des autres. Seule notre lucidité validera notre courage aux yeux de Dieu. »

Les sous-titres sont de la rédaction du blog

28 février, 2015

Syrie: Quatre héros de la Résistance française: Gérard Bapt, Jacques Myard, Jean-Pierre Val et François Zocchetto

Classé dans : histoire,international,politique,socialistes,Syrie — dompaul @ 15:55

Résumé des chapitres précédents (voir l’onglet « classé dans » : « Syrie »)

Comme il a déjà été expliqué dans ce blog, les Etats-Unis d’Amérique veulent à tout prix empêcher l’accès de la Méditerranée à la flotte russe, c’est pourquoi ils ont fait élire leur agent Porochenko par les députés ukrainiens sous la menace de manifestants néo-nazis armés, à la place du président Ianoukovitch régulièrement élu par un électorat majoritairement favorable à l’union de l’Ukraine avec la Russie . L’administration américaine voulait faire résilier le bail du port militaire de Sébastopol loué par la Russie. Poutine les a pris de vitesse en réunifiant la Crimée à la Russie par référendum.

Même chose en Syrie où les Russes disposent du port militaire de Tartous que le docteur Bachar Al Assad a mis à leur disposition. L’administration américaine est prête à faire massacrer toute la population syrienne pour évincer les Russes de Tartous, à commencer par la population chrétienne considérée comme favorable à la Sainte Russie orthodoxe.

Pour ce faire, les Américains -nouvel « Empire du Mal » – bénéficient de l’action de Daesh et arment même les soi-disant Syriens libres, tout aussi fanatiques.
Quatre parlementaires  français viennent d’avoir le courage de se rendre en Syrie, bravant les Américains et leurs agents d’influence qui cherchent à les discréditer (Sarkozy les a traité de « Gugusses »).

Les noms de ces quatre résistants sont les suivants: Gérard Bapt (P.S.), Jacques Myard (UMP), Jean-Pierre Val (UMP), François Zocchetto (UDI).

COMMUNIQUE DE PRESSE
de Jacques MYARD
Député de la Nation
Maire de Maisons-Laffitte
Président du Cercle Nation et République
Retour de Damas:

J’ai effectué avec trois parlementaires de l’Assemblée Nationale du groupe amitié France-Syrie, un voyage à Damas du 23 au 26 février.

Ce voyage a été organisé avec le concours d’un certain nombre de personnes connaissant bien le proche orient et ayant des cabinets de consultants pour les entreprises françaises au Liban et en Syrie.

Ce voyage a suscité la colère des plus hautes autorités de l’Etat. Si le sujet n’était pas sérieux, je pourrais en rire. En effet, la diplomatie n’est pas l’art de parler qu’avec ses amis mais d’essayer de trouver des solutions politiques à une guerre civile qui a déjà fait plus de 200 000 morts.

Camper sur des postures dites morales, la main sur le coeur et refuser d’agir en prenant en compte les réalités est 100 fois pire qu’une faute morale. C’est une faute politique géostratégique qui ne peut aboutir qu’à la continuité de la guerre civile, avec son cortège d’horreurs.

Nous avons rencontré sur place du côté des autorités gouvernementales, le Président du Parlement, Jihad Allaham, le ministre des Affaires Etrangères ,Walid Moallem, le Vice- Ministre des Affaires Etrangères, le docteur Ayman SOUSSAN francophone, ainsi que l’Ambassadeur de Syrie à Beyrouth et nous avons été reçus à dîner par le grand Mufti, Ahmad Badr Al Din Hassoun, entouré du patriarche catholique Grégorius III et du patriarche Grec Orthodoxe, Ignace IV Hazim (en fait « Jean X d’Antioche » NDLR). Les deux patriarches chrétiens nous ont fait part de leur soutien à la politique du gouvernement.

Nous avons rencontré également Soeur Agnès Mariam de la Croix, de manière inopinée, dans le hall de l’hôtel.

Nous avons visité un hôpital généraliste où nous avons malheureusement vu des fillettes entre la vie et la mort. Il nous a été indiqué qu’il y avait un embargo sur les médicaments et les pièces de remplacement des équipements médicaux.Ce n’est pas acceptable .

Nous avons visité une ancienne école qui accueille 40 familles de réfugiés, rendu visite au centre sanitaire du Croissant Rouge où nous avons pu obtenir des informations intéressantes sur la situation sanitaire, rencontré la responsable de la Croix Rouge, Mariam Gasser, visité le Lycée Charles de Gaulle où malgré l’adversité, 250 enfants franco-syriens, continuent à apprendre le français dans des conditions périlleuses, deux roquettes étant tombées sur cet établissement sans faire heureusement de morts. Le lycée ne reçoit plus de subsides du gouvernement français : c’est inadmissible.

De plus, à l’hôtel où nous étions nous avons rencontré une délégation américaine dirigée par l’ex-Attorney-General à la Cour Suprême, Ramzy Clark ce qui prouve qu’il existe bien des contacts certes indirects avec les Américains.

De l’ensemble de ces prises de contact et aussi des entretiens que nous avons eus avec des responsables libanais à Beyrouth, très inquiets de la situation en Syrie, je retiens les éléments suivants à l’exclusion de notre conversation avec Bachar Al Assad dont je rendrai compte personnellement par écrit au Président de la République.

1) Il n’existe pas à ce stade de possibilités de victoire militaire sur le terrain d’une partie ou de l’autre.

Le gouvernement tient une grande partie du pays (60 % ? ) mais il existe toujours des zones d’insécurité y compris dans le voisinage de Damas. Les terroristes syriens seraient entre 50 et 80 000 selon diverses sources.

2) L’ensemble de nos interlocuteurs nous ont clairement indiqué que si la France continue à exiger le départ de Bachar au motif qu’il est infréquentable, la Syrie éclatera car il est le seul à pouvoir maintenir l’unité de l’armée, le Liban sera balayé, le chaos s’installera sur tout le Proche et Moyen Orient.

3) Seul un règlement politique peut ramener la paix.

A ce titre, il convient de relever :

- que Damas a donné son accord pour un cessez le feu de 5 semaines au représentant de Benkimoun. Stéphane de Mistoura négocie avec 5 groupes d’insurgés à Alep,

- qu’il y a eu récemment des négociations directes entre le gouvernement de Damas et des opposants à Moscou,

- que le gouvernement a mis en place un comité de conciliation nationale avec des députés Kurdes qui « déclarent leur volonté de rester dans la patrie syrienne ».

L’amnistie a été accordée à des terroristes repentis qui ont déposé les armes.

Il est évident qu’au-delà des postures qui ne font en rien avancer la sortie du conflit, il faut des initiatives pour avancer à petits pas. Le point n’est pas de savoir si on aime ou pas Bachar, il est un élément du conflit incontournable. Exiger son départ, c’est à coup sûr, poursuivre une guerre civile pendant des années.

4) Droits de l’Homme : j’avais avec moi une dépêche AFP mentionnant que des défenseurs de la liberté d’expression, membres du centre syrien pour les médias, étaient emprisonnés.

J’ai donné cette liste au Vice-Ministre des Affaires Etrangères en disant qu’il serait bien de faire un geste. Sur ce point précis, j’en ai personnellement parlé à Bachar Al-Assad lors de notre entretien.

De retour à Beyrouth, mercredi soir dans la nuit, j’ai appris qu’Ulaï Hussein avait été libéré sous caution.

Je n’ai pas la prétention de dire que c’est à la suite de mon intervention mais je le constate.

La France doit d’urgence changer de politique en Syrie. Certains experts dénoncent l’incohérence de la France dans la lutte contre les terroristes. Nous luttons contre eux au Sahel, au Mali, au Nord Nigéria, en Irak, mais nous avons une politique confuse et brouillée en Syrie.

Je rappelle qu’à l’Assemblée Nationale, Alain Marsaud a montré aux députés des fusils Famas, livrés à l’ opposition dite modérée et qui se sont retrouvés dans les mains d’Al Nosra.

Tous nos interlocuteurs, au-delà du cercle gouvernemental, ont dénoncé le double langage et la complicité de l’Arabie Saoudite, du Qatar et de la Turquie, ce dernier pays commerce avec Daech et lui permet ainsi d’avoir des subsides financiers importants.

5) Un dernier point : nous avons appris qu’un gouvernement arabo-musulman emblématique devrait établir prochainement des relations diplomatiques avec Damas…..

 

4 décembre, 2014

La cinquième colonne du Kalifat islamique prête à frapper en France

Le général Jean-Pierre Bosser, chef d’état-major de l’armée de Terre (Cemat), s’est exprimé devant les sénateurs concernant la menace du Daesh. Selon lui, les milliers de djihadistes qui reviennent en Europe sont autant de potentiels futurs Mohamed Merah…

Daesh « ne constitue pas qu’un groupe terroriste mais bien une armée qui manœuvre, qui communique, qui s’appuie sur des équipements performants et poursuit des objectifs stratégiques, avec une volonté expansionniste affichée. [...] La rapidité avec laquelle ce mouvement parvient à accroître ses effectifs et à diversifier son matériel est très préoccupante », a donc déclaré le général Bosser, visiblement inquiet quant à la progression du Daesh.

« Les djihadistes de Daech représentent une véritable armée terroriste composée d’hommes expérimentés, bien équipés et disposant de ressources financières importantes », a-t-il poursuivi.
Mais ce n’est pas tout : si l’armée du Daesh représente une menace des plus sérieuses, ses anciens membres retournés en Europe pourraient être bien plus dangereux et lancer la guerre au sein même des territoires nationaux européens. « Plus de 1.000 combattants européens enrôlés dans ses rangs sont revenus dans l’espace Schengen », s’inquiète-t-il donc avant de préciser que « l’adversaire n’est plus seulement aux portes de l’Europe, il en a franchi le seuil ».
Il propose ainsi que notre armée de terre revienne « sur son milieu naturel, celui du sol national, pour pourvoir y faire face, avec les forces de sécurité, à tous types de menaces dont celles que ces vingt dernières années avaient confinées à l’extérieur ».
Une analyse pessimiste partagée par le général Pierre de Villiers (chef d’état-major des Armées) qui considère que cette menace est là  « pour rappeler le lien très fort, le continuum, qui existe entre sécurité extérieure et sécurité intérieure. Ces combattants étrangers sont un vrai défi pour notre sécurité, celles des Français et plus généralement celle des Européens ».

Et le général Jean-Pierre Bosser de conclure en rappelant l’affaire Merah, qui illustre le genre d’attaques que ces djihadistes rapatriés pourraient engager contre la France : « il ne faut d’ailleurs pas exclure que cette menace agisse en utilisant des modes d’actions de nature militaire, et se concrétise par des actions armées contre des militaires. Ne perdons pas de vue qu’il s’agissait d’un des objectifs poursuivis par Mohammed Merah. Outre-Atlantique, des attaques isolées ont déjà été perpétrées. Nous avons hélas vécu à deux reprises en France et une fois en Belgique des attaques assez similaires ».

Nota: 930 ressortissants français partis combattre dans les troupes du kalife autoproclamé Al-Baghdadi  ont été recensés jusqu’ici.

25 août, 2014

Les prédictions islamophobes de l’évêque de Mossoul

Classé dans : international,religion,socialistes,Syrie — dompaul @ 19:13

août 2014 les trophées d'un barbu

L’archevêque de Mossoul, Mgr Amel Shimoun Nona, fait partie de ces réfugiés irakiens de confession chrétienne qui ont fui la mise en place de la sharia dans le nouveau  califat réapparu dans le croissant fertile. Dans une interview accordée au journal italien Corriere de la Sera, il lance un avertissement aux Occidentaux.

« Notre souffrance est un prélude à ce que vous-mêmes, Chrétiens européens et occidentaux, souffrirez dans un futur proche »,  « S’il-vous-plaît, il faut que vous compreniez. Vos principes libéraux et démocratiques n’ont aucune valeur ici. Vous devez reconsidérer la réalité du Moyen-Orient, car vous accueillez un nombre croissant de Musulmans. Vous aussi, vous êtes en danger. Il vous faut prendre des décisions courageuses et dures etc… »

En France, ce genre de déclaration vaudrait à son auteur d’être poursuivi par des associations subventionnées par les municipalités de  gauche et de droite molle. Il serait peut-être même  condamné pour incitation à la haine et à la discrimination, même si les ouailles de Mgr Nona ont subi le sort des Chrétiens qui ont refusé d’abjurer dont la tête coupée figure sur la photo parue dans « Nouvelles de France ».

En tout cas, les photos de ces têtes de Chrétiens coupées si proprement au sabre qu’elles semblent en plastique vont faire le tour de la blogosphère, et peut-être inspirer assez d’horreur pour  justifier une nouvelle intervention de l’armée des Etats Unis d’Amérique en Irak et en Syrie afin d’ arroser les populations locales composées de terroristes islamiques avec des projectiles explosifs remplis de déchets radioactifs (1). Les citoyens américains ne veulent plus, en effet, les laisser enfouir à proximité de chez eux.

Pourquoi EDF ne pourrait-elle  pas profiter des circonstances et débarrasser l’hexagone aussi de ses déchets nucléaires en les faisant déverser sur le nouveau kalifat ?

(1) l’uranium appauvri provenant des centrales nucléaires

 

29 juin, 2014

Iran-France: Approches en vue d’une nouvelle alliance

Classé dans : histoire,international,politique,religion,Syrie — dompaul @ 21:44

Résumé des chapitres précédents:

En 1979, le président américain  Carter, constatant que son « allié » le shah d’Iran avait une forte propension à s’émanciper de la tutelle des Etats-Unis pour faire de son pays une puissance régionale, l’a balayé de la scène internationale en laissant s’installer le régime clérical chiite de l’ayatollah Khomeyni à sa place. Ensuite, comme Khomeyni ne s’est pas montré du tout reconnaissant, le gouvernement américain a rapidement changé d’avis et a incité son agent d’alors Saddam Hussein, dictateur d’un état non-confessionnel, à lui faire la guerre pour l’affaiblir.

Bush assassin, Mitterand son chien

Après avoir laissé croire à Saddam Hussein qu’il pouvait envahir le Koweit pour rembourser ses dettes de guerre, les nouveaux présidents Bush père puis Bush fils l’ont attaqué en 1990 avec Mitterand comme supplétif,  puis en 2001, afin de contrôler en totalité l’exploitation des hydrocarbures de l’Irak. Enfin les Américains ont pendu Saddam Hussein pour justifier leur invasion et ont remplacé son régime laïc par des cléricaux chiites.

Maintenant, c’est l’anarchie en Irak comme aussi en Syrie et un nouvel état sunnite, l’EIIL, financé par nos maîtres du Qatar et de l’Arabie Saoudite, vient de se créer en englobant la moitié du croissant fertile avec la ferme intention d’étendre les luttes interconfessionnelles à la France et aux Etats-Unis.

Un siècle après le bleu horizon, le bleu-marine

Au moment où Hollande fait des pieds et des mains pour vendre des aéronefs au Qatar qui va les livrer aux bandes armées  de l’EIIL qui se réclament de l’Islam sunnite sans même savoir réciter la fatiha, quelques députés français , dont les vues en matière de politique étrangère  sont les mêmes que celles de Marine Le Pen, préconisent un rapprochement accéléré avec l’Iran, désormais  seul rempart régional contre les nouveaux écorcheurs.

Iran-France: Approches en vue d'une nouvelle alliance dans histoire


 

COMMUNIQUE DE PRESSE
de Jacques MYARD
Député de la Nation
Maire de Maisons-Laffitte
Président du Cercle Nation et République


Le 28 JUIN 2014


A/S : RETOUR D’IRAN / JUIN 2014 .

Une délégation de 4 députés dont Jacques Myard , Philippe Mallé , Jean-Luc Reitzer et conduite par Odile Saugues vice-présidente de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale a effectué une une visite officielle en Iran du mardi 24 juin au vendredi 27 juin .

Cette visite s’est inscrite dans le cadre de la diplomatie parlementaire et avec la volonté d’améliorer les relations franco-iranienes à un moment où doit se jouer à Vienne , d’ici le 20 juillet , une phase décisive avec Téhéran sur le dossier nucléaire .

La délégation française a reçu un accueil cordial , les entretiens ont été ouverts et directs avec :
- le Dr Borougerdi , président de la commission de la sécurité et des Affaires étrangères du Parlement iranien ,
- Takht-Ravanchi vice-ministre des affaires étrangères pour l’Europe et les Amériques , il est l’un des négociateurs sur le nucléaire ,
-Amir Abdollahian , vice-ministre des Affaires étrangères pour les pays arabes et l’Afrique ,

Les entretiens ont essentiellement porté sur :

1 ) le dossier nucléaire ,

Nos interlocuteurs ont un discours bien rodé ,

« Les temps difficiles sont passés ,
la confiance est une route à deux sens ,
nous sommes prêts à respecter nos engagements , mais nous voulons aussi nos droits ,
nous acceptons les inspections, nous mettons en oeuvre le protocole additionnel ,
le Guide a condamné la bombe dans une fatwa ,
la porte de nos centrales est ouverte , l’AIEA filme tout
 »

Et le le vice-ministre Takht-Ravanchi d’ajouter  » Je pars à Vienne avec la volonté d’aboutir  »

Lors d’un entretien en province dans une préfecture – governorat- l’un de nos interlocuteurs s’est montré confiant sur le résultat des négociations traduisant visiblement ainsi l’état d’esprit des autorités .

2 ) la situation en Irak ,

Tous nos interlocuteurs accusent les Américains et les Saoudiens d’être responsables de la situation en ayant armé l’Etat islamique en Irak et au Levant ( EIIL ) qui s’est créé en Syrie !

La position iranienne peut être résumée d’une phrase  » Si nos intérêts nationaux sont mis en danger , nous ferons ce qui doit être fait !  »

Pour Téhéran le 11 septembre 2001 Al-Qaîda était un mouvement d’amateurs , aujourd’hui ils ont de l’argent , des armes , ils utilisent la toile et ils exportent du pétrole avec l’aide d’un Etat de la région …..
 » Al-qaïda ne reconnait aucune frontière , les Chrétiens sont leurs ennemis , il faut agir vite !  »

3 ) les questions de société

- l’économie :

Si les entreprises qui travaillent à l’international se plaignent des effets des sanctions – le PIB iranien a diminué ces dernières années , en raison de la baisse des exportations de pétrole ( 1,2 million de barils ) reconnue par nos interlocuteurs , alors que l’inflation augmente – force est de constater que les boutiques regorgent de biens multiples et les restaurants affichent complets la veille du vendredi chômé .

L’étranger de passage est frappé par l’animation des rues commerciales , l’Iran des villes donne l’image d’un pays plein de vie , à peine peut on voir ici ou là un portrait des deux Guides …

- la liberté religieuse :

Nous avons rencontrés 4 des 5 députés des minorités religieuses , 2 Armeniens qui seraient encore 80 000 , un Assyrien Chaldéens ( 13 000 ) , un Zoroastrien ( 10 000,) le député juif ( 15 000 ) était en voyage.

Tous ont attesté de leur statut de député égal à celui de leurs collègues musulmans et de leur liberté de culte , ils bénéficient d’un statut personnel pour l’état civil avec des tribunaux propres .

Il existe notamment à Ispahan 17 synagogues , néanmoins la communauté chrétienne a fortement diminué depuis 1979 .

- les femmes :

Si elles ont l’obligation , les étrangères comme les Iraniennes , d’avoir une tenue stricte qui cache les jambes , chevilles comprises , de porter le foulard , mais souvent placé avec élégance bien en-deça du visage , le voile intégral est interdit , leur présence dans la société est bien réelle et elles y tiennent toute leur place . Leur situation n’a rien à voir avec celle de leurs consoeures de la péninsule arabique .

La société iranienne est une société mixte où les couples sortent ensemble le soir , les femmes représentent plus de 60% des étudiants des universités , elles exercent tous les métiers – seuls les hommes sont discriminés , ils ne peuvent pas être médecins-gynécologues – les femmes peuvent en revanche soigner les hommes . Neuf femmes sont députés .

Il n’est pas rare de voir une jeune femme allaiter son bébé avec la discrétion qui s’impose en public , ce qui est proprement impensable dans de nombreux pays arabes sunnites .

Mais il est vrai que leur volonté d’émancipation qui se traduit par le maquillage et le rouge à lèvres interdits , agace les milieux conservateurs .

- les réseaux sociaux suscitent à l’évidence les mêmes irritations des autorités qui semblent pas en mesure de s’y opposer .

L’IRAN INCONTOURNABLE !

Fort de son histoire multiséculaire dont tous les Iraniens sont légitiment très fiers , de ses 80 millions d’habitants , de sa position stratégique dans une région du monde en voie de déstabilisation rapide , gouverné par un régime qui suscite toujours les critique et la méfiance , voire l’hostilité – les executions capitales des traficants de drogue notamment sont très importantes – mais un régime qui tient le pays et assure les services publics , il faut se rendre à l’évidence l’IRAN est un très grand pays avec des ingénieurs performants qui deviendra de plus en plus un partenaire incontournable des puissances occidentales et de la France .

Au-delà des promesses commerciales , l’Iran a un rôle politique régional incontournable , il faut le savoir et en tenir compte .

La France y conserve malgré certaines critiques une solide considération .

Mais ne nous leurrons pas le renouveau passera obligatoirement par le retour de la sagesse persique légendaire sur le dossier du nucléaire , mais aussi sur la prise en compte par Téhéran de la reconnaissance d’ Israel toujours qualifié de sioniste , c’est à ces deux conditions que l’Iran pourra prendre toutes sa place dans le concert des Nations .

Cela est souhaitable !

 

31 mars, 2014

Syrie : Destruction et assassinats financés par des puissances étrangères

Classé dans : international,Syrie — dompaul @ 8:35

Une religieuse chrétienne syrienne s’adresse à Navanethem Pillay, avocate sud-africaine d’origine tamoule et ancienne militante contre la politique d’apartheid. Première femme nommée à la Haute Cour d’Afrique du Sud en 1995, Navi Pillay a obtenu la prébende de Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme. Tandis que les complices occidentaux des criminels de guerre en Syrie se congratulent sur les écrans de télévision, seuls les Russes soutiennent encore les Syriens dans leur lutte contre l’invasion étrangère.

déclarations du Haut commissariat aux réfugiés [UNHCR].
Mesdames et Messieurs,
J’aimerais commencer par remercier la « Société Russe Orthodoxe de Palestine » de nous avoir
invités à participer à cette importante réunion.
Nous venons d’arriver de Syrie. Cette Syrie prouvée subir la mort, la destruction, et un assassinat
pur et simple dans toutes ses villes, tous ses villages, et toutes ses régions.
Personne ne veut que cette guerre absurde prenne fin.
Tous pleurent et se lamentent devant la souffrance quotidienne du peuple syrien. Mais que font-ils ?
Rien !

L’ONU ACCROIT LE MASSACRE
Je dirai très franchement que, concernant la crise syrienne, l’approche de l’Organisation des Nations
Unies, et particulièrement de la Commission des droits de l’homme à Genève, contribuent à
aggraver la catastrophe que nous vivons.
Les guerres menées à l’intérieur de la Syrie sont décrites comme un conflit entre les forces de l’État
et les forces de l’opposition.
Ce n’est pas vrai !
La guerre qui frappe aujourd’hui mon pays est une guerre entre la société civile syrienne et des
groupes terroristes islamistes. Ces terroristes sont soutenus et financés par divers pays étrangers, et
plus particulièrement par l’Arabie Saoudite.

L’ASL: DES GROUPES CRIMINELS ETRANGERS FINANCES PAR L’ARABIE SAOUDITE

L’Arabie saoudite a reconnu que ces groupes appartiennent à des organisations terroristes. Mais, en
même temps, elle continue à les entraîner et à les financer dans le but de détruire la Syrie.
L’ASL [Armée Syrienne Libre] n’est plus opérationnelle et n’est plus de mise. Ce à quoi nous avons
à faire relève du rôle joué par des groupes terroristes islamistes.
Hier nous avons tendu la main à Yabroud. Encore une ville syrienne détruite ! Près de quatre cents
jeunes gens veulent changer de camp et passer de combattants « contre » le gouvernement à des
combattants « avec » le gouvernement [c'est-à-dire : rejoindre les forces gouvernementales].
DAECH [une organisation terroriste = EIIL] gouverne la ville de Raqqa par l’épée et le feu. Une
jeune fille y a été exécutée, juste parce qu’elle avait un compte sur Facebook. Ses églises sont
devenues les quartiers généraux de DAECH. Sa population est obligée de prier cinq fois par jour, etdes équipes féminines sont chargées de fouetter les filles non-voilées dans ses rues.
Deir el-Zor est gouvernée par le groupe terroriste Jabhat Al-Nosra. Des civils attachés aux valeurs
laïques, sont exécutés juste parce qu’ils pensent devoir maintenir une structure sociale séculaire.
Son église a été détruite, comme à Raqqa.

La soi-disant communauté internationale ne veut pas voir la Vérité
Qui sont les chefs de DAECH et d’Al-Nosra ? Des Qataris, des Saoudiens, des Tchétchènes, des
Afghans, et même des Chinois !
Est-ce que ces terroristes sont venus répandre la démocratie et les droits de l’Homme en Syrie ?
Non !
Le problème est avec la dite « Communauté internationale ». Ils ne veulent pas voir la vérité. Ils
croient toujours au concept nommé « Armée syrienne libre ».
Notre position est la suivante :
Quelle est la relation entre la démocratie et la jeune fille qui a été tuée parce qu’elle avait un compte
sur Facebook ?
Quelle est la relation entre les droits humains et la destruction des églises, des synagogues, [et des
mosquées] ?
Quelle est la relation entre la liberté et la destruction de Ma’loula, dernière ville araméenne encore
habitée au monde ?
Ces questions attendent des réponses. Nous appelons Madame Navi Pillay à nous les donner.
En résumé, il n’y a pas de projet [de l'opposition] pour installer la démocratie en Syrie. Il n’y a
qu’une seule trame narrative : établissement d’un califat islamique dans le seul pays laïc du Moyen-
Orient, pour ramener le peuple au Moyen Âge et à l’ère des ténèbres.
Le terrorisme islamiste a tué un de mes amis laïcs à Girod, ville contrôlée par ces forces des
ténèbres. Il s’appelait Yamen Bjbj. Il était Dentiste. Ils m’ont envoyé la photo de son corps décapité,
sa tête reposant dans le sable près de lui. Pourquoi ? Parce qu’il distribuait mes livres dans cette
ville.
Le Dentiste Ramez Uraby, un autre de mes amis, a été enlevé pour la même raison. Ils ont pris
l’habitude de m’appeler pour que je puisse entendre sa voix pendant qu’ils le torturent.
Personne ne veut voir ou entendre la vérité.

Les derniers massacres à Adra
Avez-vous entendu parler du massacre de « Adra » ? Je ne le pense pas.
Adra est une ville située au nord de Damas. C’est une ville symbole pour la Syrie. Une nouvelle
ville construite pour les travailleurs. Elle est représentative de la diversité des groupes constitutifs
de la société syrienne.
Cette ville paisible a été envahie par les forces du terrorisme islamiste le 1er décembre de l’année
dernière. En ce XXIème siècle, elle a connu des massacres sans précédent.
Des centaines de Syriens ont été tués, juste parce qu’ils étaient Chiites, Alawites, Ismaéliens,
Druzes, ou Chrétiens.
Des centaines de Syriens sunnites ont été tués parce qu’ils étaient des fonctionnaires de l’État
syrien.
Nombre de femmes ont été traînées, nues, sur le sol enneigé.
Nombre de têtes coupées ont été accrochées aux arbres.
Nombre de personnes ont été jetées vivantes dans la fournaise de la boulangerie de la ville,
rappelant l’Holocauste et les nazis.
Qu’avez-vous fait Madame Navi Pillay, pour libérer les milliers de détenus dans la prison d’al-
Tawbah à Douma ?
Qu’avez-vous fait Madame Navi Pillay, pour mettre fin à cette tragédie du XXIème siècle dont le
monde entier a été témoin?
Qu’avez-vous fait pour les habitants de Adra devenus des sans-abris et qui errent désormais dans les
rues de Damas?
Et qu’avez-vous fait pour libérer les femmes et les enfants enlevés de leurs villages du Nord de
Lattaquié par les terroristes islamistes ? Des femmes et des enfants emmenés après que les
terroristes aient tué les hommes du village.
Qu’avez-vous fait Madame Navi Pillay pour permettre à ces simples paysans de retrouver leurs
villages ?
Oui ! Parce qu’ils sont Alaouites, et que les Alaouites n’ont rien à voir avec les intérêts des états du
pétrole et du gaz [les États du Golfe] et, qu’en plus, la communauté internationale ne veut rien
entendre de leur détresse !
Même les Ismaéliens qui étaient des maîtres de l’opposition en Syrie, sont aujourd’hui exposés à
une forme de génocide, simplement parce qu’ils sont ismaéliens. Ils ont subi la pire espèce de
génocide à Adra. Ils ont souffert d’une attaque terroriste qui a entraîné la mort de personnes
innocentes à Alcavat. Et ce fut aussi le cas à Tal Aldoura et à Salamieh.
Les Ismaéliens sont une petite minorité en Syrie et dans le monde islamique. Ils n’ont donc pas pu
trouver qui les soutenir au niveau des organisations internationales, lesquelles organisations n’ont
pas le temps de suivre ou même de prendre acte du fait qu’ils sont entrain d’être exterminés par des
groupes terroristes islamistes.
La situation des Chrétiens n’est guère meilleure que celle des autres minorités. Ainsi, la ville de
« Sadad », ville dont les habitants sont majoritairement des Chrétiens de rite syriaque, a été attaquée
l’été dernier par des milices du terrorisme islamiste. Ils ont commis des meurtres, des viols et ont
détruit la ville avant de la quitter.
Ils ont aussi attaqué Ma’loula. Là aussi, ils se sont livrés à des actes de viols et ont détruit, en
grande partie, ce qui représentait le caractère historique de cette petite ville.
Pour quelle raison? Parce que ces deux villes sont chrétiennes.
Ils ont également occupé les villes chrétiennes de la campagne d’Idlib.
Est-il besoin de vous rappeler qu’ils sont responsables de la destruction des quartiers chrétiens de la
ville de Homs et du bombardement quotidien, au mortier, des quartiers chrétiens de Damas ?

Les groupes terroristes interceptent les convois de nourriture pour les populations civiles: la politique de la faim

Récemment, ont circulé des rapports concernant une soi-disant «politique de la faim » menée par
l’Etat syrien. Mais avez-vous entendu parler de ce qu’est devenue la nourriture dépêchée par le
Gouvernement vers le camp de réfugiés de Yarmouk ? Avez-vous entendu parler de l’institution Al-
Adalah de la ville de Douma gouvernée par des groupes armés contrôlant un vaste magasin
d’alimentation y compris des stocks de viande congelée ; lequel magasin a été attaqué et
entièrement volé par des personnes [affamées], malgré leur souffrance et le fait qu’ils étaient des
cibles des groupes terroristes ?
La solution est la démocratie.
Les élections présidentielles sont pour bientôt. Laissons le peuple décider sous supervision
internationale garantissant la neutralité du scrutin.
Mère Agnès-Mariam de la Croix
15/03/2014

18 mars, 2014

Crimée: résumé de la situation

Classé dans : économie,histoire,international,Syrie — dompaul @ 21:05

Les Etats-Unis d’Amérique et leurs « amis » du Qatar, de Géorgie et d’autres pays tout à fait démocratiques, souhaitent que la Méditerranée redevienne la mer d’un seul Empire, comme elle l’était dans l’Antiquité romaine et ce que n’avaient pas réussi à faire les Ottomans ni les Anglais, le gouvernement de Baraque O’Bama pensait pouvoir y arriver pour redorer son blason auprès de la « droite conservatrice ».

Maintenant que les flottes française et britanniques sont réduites à leur plus simple expression depuis le moyen-âge, les Etats-Unis seraient restés les seuls maître de cette mer intérieure s’ils étaient parvenus à temps à en évincer l’autre Empire, l’Empire Russe, devenu celui du Bien si l’on suit la logique de Ronald Reagan.

Les Américains ont commencé par dépecer la Yougoslavie et à amputer la Serbie du Kosovo grâce à un référendum complètement illégal au regard du droit international.

En Syrie, pour évincer du pouvoir l’ophtalmologiste Bachar Al-Assad, préliminaire indispensable pour remplacer les Russes dans leur base navale de Tartous, les services américains ont repris la même méthode que celle des années soixante-dix en Afghanistan et ont armé des bandes organisées de rebelles, de criminels ou de trafiquants de stupéfiants se réclamant du djihadisme sunnite. Pour l’instant, Bachar Al Assad est toujours là et personne n’en parle plus.

Boum, boum, tralala, anarchie vaincra

Mais, reprenant la vieille tactique utilisée en mai 1968 pour évincer De Gaulle qui contrait leur politique au Viet-Nam et au Cambodge, les officiers des services américains ont recruté à tour de bras des agents d’influence dans les sphères politiques de l’ouest de l’Ukraine. Ce n’est pas très difficile, car il n’existe pas de patriotisme ukrainien pour les Hongrois, les Polonais, les Roumains annexés de force à l’époque soviétique. Il existe encore moins pour les Russes qui se sont retrouvés piégés dans un état fabriqué artificiellement et qui n’avait jamais existé auparavant sinon dans la propagande de l’extrême droite française à l’époque bolchevique.

Il suffit de payer et un agent ukrainien bien placé se contente de deux cents euro par mois pour agir comme on lui dit y compris pour aller taper sur les policiers de Ianoukovitch.

Une fois Ianoukovich évincé, et un agent américain  installé à sa place, même illégalement ainsi que c’est arrivé, il suffisait que le gouvernement ukrainien refuse le renouvellement du bail du Sébastopol à la marine russe.

Poutine montre ses talents de judoka

Mais Poutine, rompu la diplomatie internationale grâce à sa carrière au KGB, a retourné le coup bas de l’adversaire contre lui et a utilisé l’anarchie instaurée par les Américains pour venir au secours des Russes de Crimée et les faire revenir dans le giron de la Mère Patrie après un referendum en bonne et due forme, en attendant de récupérer la principauté de Kiev, berceau de la Russie.

Il connaît aussi la carte dessinée par les cartographes militaires américains en 1944, avec les objectifs précis de l’après-guerre: prendre le contrôle de l’Europe occidentale en laissant provisoirement à Staline l’Europe Orientale, puis prendre un peu plus tard le contrôle de l’Europe orientale y compris de l’Ukraine, apparaissant sur leur carte comme les autres pays européens en vert, couleur des larbins européens des Américains.

Les chiens aboient, la caravane passe

Les dirigeants de la communauté européenne n’ont même pas besoin d’être rémunérés tellement ils ont peur que leurs maîtres américains ne leur retirent leur mandat électif ou gouvernemental. Ils aboient donc et gesticulent en jouant les matamores devant Poutine, et Fabius veut recommencer la même erreur que De Gaulle en 1967, lorsqu’il a imposé l’embargo sur les armes à destination d’Israel: les Israeliens ont fabriqué eux-mêmes leurs armes et se sont mis à concurrencer les Français.

Aujourd’hui, Fabius « menace » de ne plus livrer les bateaux de guerre qu’ont commandés les Russes aux chantiers navals français. Les chantiers américains veulent en effet obtenir le marché même si Baraque O’Bama, par devant, joue à réprimander Poutine. Car, dans quelques semaine, l’histoire de la Crimée aura fait place dans l’actualité à une autre affaire de sexe révélée par « Closer ».

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